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Ces merveilleux amis imaginaires de la littérature

rédaction La - 30.10.2017

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Si l’ami imaginaire tend à faire paniquer les parents, il est pourtant le gage de la créativité dont les enfants savent faire preuve. Autant que de son imagination. Parfois discret, parfois omniprésent, il a beaucoup apporté au monde littéraire, nourrissant les œuvres d’auteurs... déçus d’avoir perdu le leur ?


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régine debatty, CC BY 2.0

 

 

L’ami fictif n’est pas une tradition ancestrale : on compte bien plus de faux amis, voire de véritables traîtres, dans les pages de la littérature occidentale. Mais après tout, ces divinités grecques qui, durant toute l’Iliade, viennent en aide aux soldats grecs et troyens, ne préfigurent-ils pas cette image ? Soutien indéfectible d’Achille, d’Ulysse, d’Hector et de tous les autres, les Dieux de l’Olympe surviennent souvent dans de grands moments d’introspection – ou de grandes tensions... Mais allez dire à Athènea qu’elle n’est que le fruit de l’imagination d’Ulysse...

 

Plus près de nous, on retrouve une première grande figure de l’ami imaginaire, avec Caliban, le personnage de Shakespeare dans la pièce La tempête. Anagramme de Canibal, ce personnage est hideux et vit écrasé par un immense sentiment de solitude. Les êtres avec lesquels il s’entretient sont fictifs – mais les conversations sont avant tout là pour refléter sa colère...

 

Si l’on creuse, en la matière, on trouvera également des modèles d’amis qui n’en sont plus tout à fait, mais interviennent comme un double. Avec Le Horla, c’est la figure d’une créature invisible, peut-être maléfique, à qui le narrateur prête même une force vampirique. Si l’ami imaginaire devient une créature terrible, gare : il est temps de changer de fréquentation.

 

C’est que cet être qui accompagne l’enfant opère tout à la fois comme un transfert : la présence fictive peut rassurer, mais permet également de s’exprimer sur des sujets plus ou moins délicats. Et ce, sans avoir à endosser pleinement la question. Futé !

 

Comme dans le cas du personnage de Sarah Margaret Johanson, Caillou, l’ami invisible permet de profiter d’un moment de compagnie. Ou de survivre : on pensera au petit doigt de Danny, dans le roman de Stephen King, Shining. Véritable confident, rassurant et apaisant, il sera d’un précieux secours quand papa décidera de péter les plombs !

 

Plus légers, et absolument universels, les personnages de Calvin et Hobbes, créés par Bill Waterson, montrent combien l’enfance est ce refuge merveilleux où tout est possible. Ou, comme le disait Franquin : « Un adulte, c’est un enfant qui a mal tourné. » Le jeune garçon et son tigre en peluche qui devient vivant, quand personne d’autre n’est là pour regarder, vivent des aventures extraordinaires. Des dragons à chaque coin de rue, des vaisseaux spatiaux... ou de simples balades en forêt.



 

Les éditions Bayard ajoutent donc une pierre à l’édifice, en publiant le livre de Katherine Applegate, Skiddy (trad. Karine Suhard-Guié). L’ami imaginaire est ici substitué habilement à une créature merveilleuse – un chat hors norme, façon Mon voisin Totoro – qui va aider Jackson, âgé de 10 ans, à retrouver pied. Le monde autour de lui s’est effondré, et voici que Skiddy revient pour sauver le jeune garçon. 
 

Skiddy, mon ami imaginaire
de Karine Suhard-Guié

 

Parce qu’imaginaire ou pas, on ne laisse pas tomber un ami...

 

Octobre, mois de l'Imaginaire, la littérature de demain

 



Les histoires sans fin