Le BGG, un film pas si géant...

Fred Ricou - 20.07.2016

Edition - cinéma - spielberg - adaptation


Sophie est orpheline et vit donc, comme il se doit dans les contes, dans un orphelinat à Londres.

La nuit, contrairement aux autres enfants, elle ne dort pas, elle lit. Et c'est là qu'après avoir entendu un bruit dans la rue, elle fait sa rencontre. Elle ne peut pas y croire, c'est tellement énorme, tellement impossible ! Elle vient bien de voir un géant dans la rue !

Pour ne pas qu'elle réveille tout le monde, le géant l'enlève et l'emmène... au pays des Géants !

 

 

Si le géant lui fait un peu peur, elle découvre rapidement que celui-ci est un brave géant, pas dangereux pour deux sous et que le vrai danger est deux fois plus grand que lui. Le BGG comme elle va l'appeler vit en effet, malgré lui, avec cinq autres de son espèce, mais dont les noms comme Buveur de Sang ou encore Avaleur de chair fraîche ne donnent pas vraiment envie de vivre avec eux…

 

Heureusement, le BGG lui montre également le pays des rêves qu'il chasse comme de beaux papillons. Leur amitié va naître doucement, mais c'est également la violence des autres géants qui va se déclencher…

 

Pour sa quatrième incursion dans le monde de la jeunesse après E.T, Hook et les aventures de Tintin, Steven Spielberg s'attaque à l'un des monuments de la littérature jeunesse mondiale, l'auteur Roald Dahl. Si tout le monde n'a pas lu Peter Pan, en revanche il est plus compliqué de tomber sur quelqu'un qui n'a jamais lu l'auteur anglais. Et c'est peut-être ça tout le challenge que s'est fixé le réalisateur.

 

Le film est réellement en deux parties, la première où les personnages se présentent est un poil longuette par rapport à la suivante beaucoup plus rythmée et aurait mérité un peu plus de concision. Dans la deuxième partie, où le spectateur adulte se réveille, la scène de déjeuner à Buckingham Palace est extrêmement réussie et vraiment très drôle. Même si le côté pétomane fonctionne peut-être moins bien avec les grands, quoi que...

 

 

Clairement tourné pour un public jeunesse qui oublie un peu les parents, le BGG est un joli film qui va plaire aux enfants. Ils vont tous vouloir aimer un BGG. Maintenant, 20 ans après Hook, il n'est pas certain que le film reste dans les mémoires des jeunes spectateurs comme Peter Pan ou encore E.T a pu le faire à l'époque…

 

Même si, pour une question de facilité et de crédibilité, on comprend le choix de Spielberg de faire ses géants en motion capture, le décalage entre l'héroïne toute mignonne et les affreux géants, même le BGG, fait un contraste pas forcément agréable à regarder. On voit trop le "masque" numérique des géants pour que cela ne gêne pas à la vision. C'est parfois très laid et cela le spectateur habitué à ce genre de film le remarquera rapidement.

 

Le BGG est un beau conte dans l'intention première, mais parfois un peu trop lisse par rapport à l'univers souvent teinté de noir des livres de Roald Dahl. Même si le film devrait trouver son jeune public pendant le mois d'août, il n'est pas certain du tout qu'il restera comme l'un des chefs d'œuvre du réalisateur.

 

En attendant, Gallimard jeunesse ressort le texte de l'auteur avec l'affiche du film et à côté un chouette cahier d'activité pour s'amuser avec les personnages du film et les mots loufoques du géant… 

 



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