Le WWF consacre une étude sur les livres jeunesse imprimés en Asie

Cécile Mazin - 12.03.2018

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À quelques jours de l’ouverture du salon Livre Paris, le WWF lance une bombe, sous la forme d’une étude passant au crible l’édition jeunesse. La question est ouvertement posée : le secteur abîme-t-il les forêts ? Avec 422 millions de livres vendus en 2014, le marché poserait problème : 40 % des impressions auraient été réalisées en Asie, en 2015.

 

 

 

La chose commence mal, et WWF pose le problème d’emblée : « Les éditeurs français n’ayant pas souhaité répondre aux enquêtes lancées par le WWF France entre 2015 et 2017, l’ONG a mené une étude scientifique consistant à examiner les mentions obligatoires sur un échantillon de 164 livres sur 3 segments (imagiers, pop-up, animés) fortement concernés par les impressions asiatiques. » 

 

L’étude rappelle également que, si on recense 5000 éditeurs, « les 3 et 10 plus grands groupes représentent respectivement 50 et 79 % du chiffre d’affaires ». Or, le marché du papier, approvisionné en cellulose, puiserait 40 % des ressources du bois commercialisé dans le monde. 

 

L’évolution du marché selon l’étude du WWF pointe que 3,9 % des impressions sont effectuées en Asie, mais entre 2006 et 2016, on passerait à 14,1 % pour la jeunesse. 25 à 30 % des titres seraient imprimés en Chine, Malaisie et Singapour — bien que le premier soit le plus plébiscité. 

 

Les chiffres, alignés, interrogent : 51 % des livres cartonnés pour les tout petits, 77 % des pop-up, 53 % des imagiers, 79 % des livres animés, 74 % des coffrets, « mais aussi un nombre non négligeable d’albums et de documentaires » sont imprimés en Asie. 

 

Et de mettre plusieurs conclusions en exergue : 

 


Le Syndicat national de l’édition a annoncé, dans son enquête 2017, un volume de papier consommé, en moyenne sur 2013-16 (hors réforme scolaire), égal à 185.000 tonnes ou 6,9 % de la consommation apparente de papier. « 93 % de ce volume de papier est certifié — pas de ventilation selon les systèmes de certification pourtant très différents. Le papier recyclé ne représente que 2 % du volume de papier dans l’édition française en 2016 », relève WWF.
 

WWF précise qu’aucun lien direct n’est établi entre la déforestation en cours et l’exploitation de forêts primaires tropicales. Les analyses montrent cependant « qu’une part significative des fibres provient de plantations industrielles ». Et de dénoncer quatre faiblesses majeures qui ressortent 

  • la transparence : les éditeurs ne partagent pas les informations avec les autres parties prenantes du secteur (consommateurs, associations, etc.)
  • le recyclage en fin de vie : à cause du manque d’informations transmises par les éditeurs, beaucoup de livres continuent d’être jetés (les manuels scolaires notamment)
  • l’écoconception : en 2016, seuls 2 % des livres sont imprimés sur du papier recyclé et peu le sont sur papier certifié FSC (proportion inconnue, mais <10 %)
  • l’approvisionnement : les groupes ne préviennent pas suffisamment les risques environnementaux liés notamment à l’impression en Asie.

 

Or, il existe des outils par lesquels éditeurs et imprimeurs peuvent agir. Et de citer book chain project, paper profile, check your paper, environmental paper company index, ou  la certification FSC. De même, note WWF, l’éditeur allemand Random House a placé comme objectif de parvenir à 100 % de papier recyclé ou certifié FSC. Kosmo, de même, « a adopté une démarche d’économie circulaire ». 



Volume minimum (en tonnes) des importations de livres en France provenant directement de quatre pays d’Asie. Les autres pays non européens présentent en 2016 des volumes négligeables. Par contre, des volumes supplémentaires significatifs importés depuis l’Asie via d’autres pays européens (notamment le Royaume-Uni) sont soupçonnés (sources : Eurostat, base de données CN8 consultée le 21/04/2017).


 

Pascal Canfin, directeur général du WWF France souligne : « Les démarches engagées par nos voisins montrent aux éditeurs français qu’il est possible d’engager le livre dans la transition écologique. Les groupes français ont aujourd’hui toutes les solutions disponibles pour sélectionner les papiers recyclés ou écocertifiés, démontrer publiquement qu’ils préviennent les risques et faire la transparence sur leurs pratiques. »


L’étude complète est à retrouver ci-dessous : 
 



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