Journal sur internet ? J'assume...

Nicolas Gary - 11.06.2015

Edito - internet journal - presse information - liberté modèle économique


On ne compte plus les communiqués de presse annonçant la nouvelle version du site internet de X ou Y. Dans cette nouvelle maquette, ActuaLitté a choisi de donner plus de souffle à la lecture, et de repenser l’éditorialisation des contenus. Mais pour complexes que soient les changements, ils dévoilent les rouages de l’internet contemporain.

 

Caring is Sharing

Kristina Alexanderson, CC BY NC ND 2.0

 

La réalité est simple : soit Google vous a à la bonne, et tout roule, soit il vous fait plonger dans les méandres du web, et c’est mort. Par chance, ActuaLitté dispose d’un ranking correct, et donc d’une certaine clémence du moteur de recherche. Dans le même temps, nous avons mis le site en berne durant toute une journée, et Google nous le fait payer chèrement. 

 

En modifiant l’architecture du site, il faut opérer des redirections dites 301 : dire au moteur que le contenu de l’article est toujours là, simplement il a changé d’adresse. Donc qu’il faut faire suivre le courrier, en quelque sorte... 

 

Grâce à nos flux RSS, aux réseaux sociaux, et tout particulièrement à Twitter, la transition n’a pas été douloureuse. La multitude de liens pointant vers notre site disséminé sur la toile nous permet de rester très vivants. Mais cette expérience de migration reste douloureuse, tant elle dévoile la dépendance de tout média web à son référencement – autrement dit, à Google.

 

Jamais par le passé, un distributeur de journaux n’a exercé autant de pouvoir sur la presse. Changer le chemin de fer d’une publication ne modifiait en rien sa présence dans les kiosques, les maisons de la presse, soit tous ces lecteurs qui ne sont pas abonnés, mais achetaient leur quotidien ici ou là.

 

Avec internet, une ère de soupçon et d’angoisse s’est installée : investir des dizaines de milliers d’euros dans des outils d’optimisation de son site et voir l’algorithme de Google modifié, pour tout perdre, ou presque de son investissement, n’est qu’un des désarrois qui vous plombent la journée. 

 

Cette fragilité de la presse en ligne s’est observée à plusieurs reprises, et pas simplement avec le portail Google actualités – qui rediffuse nos articles. En réalité, la seule solution reste la fidélisation, qui ne rime certainement pas avec abonnement payant. 

 

Chaque jour, notre lettre d’information part à 4 h du matin, réunissant l’essentiel de ce que nous avons fait paraître. Cela va sans dire, mais personne n'est obligé de la consulter à cette heure indue : elle ne s'autodétruira pas avec le temps... Elle sera également refondue dans les prochaines semaines, pour lui donner plus de poids. Pour les plus pressés, le RSS du site permet de recevoir en temps réel l’intégralité des publications en texte plus ou moins brut. Et puis, les réseaux, bien entendu, sociaux...

 

En choisissant cette voie de la gratuité d’accès, financé tout à la fois par la publicité, les offres de services et les multiples partenariats liés, ActuaLitté réaffirme que le traitement de l’information est un droit. Et qu’il revient aux responsables d’un site de trouver le modèle économique qui assure la viabilité de ce choix stratégique. La nécessité d’être vu dans Google, présent dans cette première page de résultats, et plus encore dans les trois premiers résultats, est une contrainte avec laquelle il faut accepter de jouer. 

 

Pour le reste, c’est la reconnaissance des lecteurs, qui partagent et diffusent nos articles quotidiennement. Parce que, plus nombreux chaque jour, ils font vivre ces billets autant que ceux qui les rédigent. 

 

En somme, merci de votre confiance.