Guillaume Musso : "Je ne ferai pas un Pottermore comme Rowling"

Clément Solym - 17.10.2012

Interview - Guillaume Musso - Le Furet du Nord - droits numériques


Il était l'invité d'honneur de l'inauguration de la nouvelle librairie Le Furet du Nord, au centre commercial Okabé, à Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne). En fait, il était même le parrain amical du magasin, et les fans se sont précipités à sa rencontre. La file d'attente pour faire dédicacer un ou plusieurs livres était dense. Il, c'est Guillaume Musso, l'auteur star de XO Editions, et auteur le plus acheté en France en 2010, avec plus de 1,567 million d'exemplaires. Entretien au sommet.

 

 

ActuaLitté : Enfant d'Antibes, devenu parrain d'un Furet, venu lui du Nord, c'est un paradoxe ?

Guillaume Musso : (sourire) Non, pas tant : je vais à la rencontre de mes lecteurs partout en France. C'est à l'occasion d'une dédicace au Furet que j'ai trouvé cette convivialité et ce partage. La relation s'est installée. Mais c'est vrai qu'il y a toujours une émotion à les retrouver, alors que la période est difficile ; être parrain amical de cette inauguration, c'est un vrai plaisir.

 

 

Sincèrement, Guillaume, être un auteur de best-sellers, comment on le vit ?

(rires) Attendez, d'abord, je ne pense pas à ça quand j'écris - et je passe beaucoup de temps à écrire. Évidemment, à un moment, je m'en rends compte. Surtout de la gratitude des lecteurs, avec des rencontres toujours chaleureuses. Ce qui est gratifiant, c'est qu'ils viennent parler de ces livres, de ces histoires et des personnages - jamais de moi. 

Un auteur distille un peu de sa personnalité à travers ses livres : moi, je ne me mets pas en scène dans ces histoires. Être auteur implique de se retirer de la relation, pour servir ses lecteurs. Cet après-midi, pendant la dédicace les gens sont venus me demander s'il y aurait une suite à tel livre, ou s'ils retrouveront tel personnage [NdR: plus de deux heures de signature]. 

Fils de bibliothécaire, j'ai toujours voulu écrire ; depuis 15 ans, je n'ai jamais arrêté. Aujourd'hui, j'aime la fiction, à travers les romans, les films, les séries télé : elle a un pouvoir de divertissement, mais aussi de résilience. J'aime les fictions qui font du bien. Et les lecteurs me remercient souvent d'arriver à les faire rêver.

 

 

{CARROUSEL}

 

 

Vous avez enseigné l'économie, un sujet très en vogue aujourd'hui. Si je vous dis que l'on retrouve les doctrines de Keynes et d'Adam Smith [NdR : deux théoriciens ultra-classiques de l'économie ] dans le livre Et après, ça vous parle ?

(étonné, et pas qu'un peu) Vous avez lu le livre ou simplement la quatrième de couverture ?

 

 

Non, non, dans le livre ! Smith, à cause de la main invisible du marché et Keynes, pour son idée que l'État doit s'impliquer avec une politique économique. En fait, c'est un équilibre entre les forces entre l'auto-régulation et une nécessaire implication dans l'existence.

(sur le c*l...) Alors là, c'est bien la première fois qu'on me dit ça. (rires) Oui, évidemment, il y a une force invisible dans ce livre, c'est le destin, la destinée... Il interroge sur la possibilité d'échapper aux événements qui nous arrivent. Mais je ne l'ai pas écrit en pensant à Adam Smith ni à Keynes. C'est une piste intéressante... je vais y réfléchir plus au calme.

Dans Et après, on est confronté à la mort, et à l'accompagnement, puisque des personnages ont un don qui leur permet de savoir qu'une personne va prochainement mourir. Et sur ce livre, une dame qui travaille dans un service de soins palliatifs m'a demandé si j'avais rencontré des soignants. 

J'ai reçu beaucoup de témoignages de personnes travaillant dans ce secteur. Quand le livre a été porté au cinéma, le réalisateur, Gilles Bourdos, s'est renseigné, en lisant des ouvrages de Marie de Hennezel [NdR : psychologue ayant travaillé 10 ans dans la première unité de soins palliatifs en France, créée en 87]. 

 

 

Sérieusement, c'est justement dans cette intervention des personnages. L'un des deux protagonistes, Nathan Del Amo, est dans la main invisible : pour lui les choses s'arrangent d'elles-mêmes, et dans sa souffrance, il ne cherche pas plus loin. En revanche, Garett Goodrich symbolise l'implication toute keynesienne...

Bon, écoutez, je vais vraiment y réfléchir au calme. Mais c'est extrêmement intéressant.

 

 

Bon, pour finir, je vais avoir une question plus sensible. Aujourd'hui, après la loi sur la numérisation des oeuvres indisponibles, des auteurs ont estimé qu'on leur dérobait leur droit d'auteur, en décidant de numériser leurs oeuvres, sans leur accord. Que pensez-vous de cette question des droits papier et numérique ? Faut-il deux contrats séparés pour les auteurs ?

(plus sérieux) Oui, j'ai lu cela dans votre magazine. C'est une question difficile. Il n'est pas simple de répondre de manière tranchée sur ce sujet. Pour ma part, c'est assez simple. J'ai un éditeur avec lequel je m'entends très bien. Il y avait une demande des lecteurs de retrouver mes livres en format numérique, et nous y avons répondu.

Pour ma part, je lis sur tout support : j'ai deux lecteurs ebook, j'attends les nouveautés et j'achète des grands formats, je lis beaucoup de livres de poche. Je ne suis pas fasciné plus que cela par le livre numérique, et j'espère avant tout que l'on parviendra à trouver un modèle qui offrira une complémentarité.  

 

 

Enfin, vous avez été l'expérience, une sorte de précurseur, du groupe Editis, en devenant le premier auteur commercialisé en numérique chez Apple, tout de même...

Oui, enfin, précurseur... c'est avant tout parce que le moment était le bon. Six mois avant ou six mois après, peut-être que ça n'aurait pas été pareil. Mais sur cette question des contrats séparés, je sais que la question se pose pour certains auteurs. Pour l'instant, XO Éditions gère mes contrats en numérique et en papier. Je ne me vois pas du tout m'aventurer dans ce qu'a pu faire JK Rowling avec Pottermore. Vraiment pas.




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