Interview : Christine Féret-Fleury - Les 400 coups

Fred Ricou - 11.03.2010

Interview - Christine Féret-Fleury - Les 400 coups - éditrice


Il y a quelques mois nous rencontrions Christine Féret-Fleury en tant qu'auteur. Aujourd'hui, c'est en tant qu'éditrice pour une maison d'édition originale qui crée une passerelle entre le nouveau monde et l'ancien. Rencontre.

 

Bonjour, Christine. Les 400 coups est une maison d'édition qui a été créée en 1996 et la première de ses originalités c'est son côté « bipolaire ». Il y a deux têtes, l'une au Québec et l'autre en France. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?
En fait Les 400 coups existent depuis une vingtaine d'années au Québec et sont bien distribués depuis 1996 en France. Au départ les livres étaient distribués en France par le Seuil. Et puis est apparue la nécessité d'avoir une équipe française, aussi bien pour les relations avec la presse que pour les relations commerciales. Et il fallait chercher de nouveaux auteurs français pour avoir une mixité dans nos publications. Des auteurs québécois qui travaillent avec des illustrateurs français et inversement…

Comment fonctionne ce lien direct avec le Québec ?
Nous fonctionnons par collection et les directeurs de collection prennent des décisions avec le patron qui s'appelle Stéphane Labbé. Notre rôle en tant qu'équipe française est d'évaluer les livres qui sortent au Québec et de regarder si l'on peut les adapter au marché français.

Il y a toujours quelque chose d'indéfinissable dans la production des 400 coups. Comment expliques-tu cette patte ?
Je pense qu'il y a un petit « air » 400 coups dans les thèmes traités qui sont un peu décalés, un peu inhabituels. Et les illustrateurs, en majeure partie québécois, ont tous un petit air de famille même quand le graphisme est très différent…

tsoin_tsoinIl y a également une sorte d'humour absurde, je pense particulièrement aux Super-machins…
Oui, c'est un humour très décalé, très grinçant. Il y a un peu d'humour anglo-saxons dedans…

Est-ce que cet humour fonctionne autant avec le jeune public français que le jeune public québécois ?
Je pense que les jeux de mots fonctionnent autant d'un côté que de l'autre. Ensuite, il y a parfois un petit problème de vocabulaire et donc certains albums ne sont distribués qu'au Québec. C'est une question de lexique, il y a parfois des tournures qui sont typiquement québécoises ou des thèmes qui sont très marqués. On sait qu'il y a des sujets qui vont bien fonctionner en France et d'autres qui fonctionneront mieux au Québec, par exemple, le hockey sur glace. Ils n'ont pas forcément les mêmes activités, tout ce qui touche à l'équitation va un peu moins les intéresser…

tidou_1Précisément, paraît Tidou au Poney-club, c'est réservé au public français ?
Non. On sait que le premier marché sera français et justement pour cette série d'albums nous avons fait travailler ensemble un auteur français, Geneviève Lecourtier, et un illustrateur québécois, Bruno Saint-Aubin, qui a totalement mordu à cette histoire et a créé un petit personnage de poney tout à fait adorable.

Par le passé, tu as également travaillé dans d'autres maisons d'éditions françaises. Est-ce que tu vois des différences d'appréciation dans le choix des auteurs, des sujets et de la façon dont on s'adresse aux jeunes lecteurs ?
Chaque maison d'édition à son esprit, sa patte et là ce n'est pas une question géographique. En tant qu'éditeur, je n'ai travaillé que chez Gallimard jeunesse et, en tant qu'auteur, je publie dans pas mal de maisons d'édition différentes. Quand j'écris un texte, je sais très bien déjà à qui je vais le proposer. Il y a des textes qui vont bien à Flammarion, à Pocket, à Hachette, etc. Je ne saurais pas dire en quoi mais ça se sent.

ogreDans les dernières parutions, qui aimerais-tu mettre en avant ?
Peut-être, dans nos derniers albums cartonnés, la série des Tidou où il est prévu une douzaine d'albums, et un premier roman d'un jeune auteur, Stéphane Tamaillon, qui s'adresse aux adolescents (12-15 ans) et qui s'appelle L'Ogre de la couronne. C'est un très bon thriller historique qui se passe à Paris au moment de l'exposition universelle et qui donne des frissons…

Il y a également deux bandes dessinées qui paraissent en ce moment, Les contes d'Outre-Tombe et l'Académie des chasseurs de primes. Peux-tu également nous en parler ?
La bande dessinée est un secteur important pour Les 400 coups. Elles s'adressent à tous les âges, comme celles évoquées, mais il existe aussi des BD très adultes avec un graphisme très novateur et parfois des histoires très grinçantes ou même noires. Les deux albums dont tu parles sont des BD que nous aimons beaucoup…

Merci beaucoup Christine.

Merci.

La "bande-annonce" de l'Académie des chasseurs de primes (onglet 4)




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