Interview de Miya et Reno Lemaire, les fers de lance du manfra

Clément Solym - 18.03.2009

Interview - miya - reno - lemaire


Lors de notre visite de l'escale BD manga du Salon du livre nous avons pu rencontrer deux des fers de lance du manga à la française, Miya l'auteure de Vis-à-Vis et Reno Lemaire l'auteur de Dreamland. Les deux auteurs, ainsi qu'un troisième comparse, Vald, que nous n'avons pas pu rencontrer, avaient aussi prêté deux de leurs planches pour le concours SFR Jeunes talents en partenariat avec Pika. Les planches avec les dialogues et le scénario des lauréats étaient exposées à l'escale BD manga du Salon du livre.


ActuaLitté.com : Miya et Reno bonjour, alors tout d'abord comment se passe le Salon pour vous ?

Miya et Reno : Bonjour

Miya : Pour moi cela se passe vraiment bien, je rencontre mon public des gens de 18 à 20 ans. Et comme le tome deux de Vis-à-Vis vient de sortir, ils connaissent déjà un peu la série et savent quel personnage ils veulent que je leur dessine? C'est vraiment très plaisant.

Reno : Ben moi... j'aime bien la moquette (rires). Non c'est vrai sur Japan Expo, par exemple, tout est gris. Ici, il y a des couleurs partout c'est bien. Plus sérieusement, pour moi ça se passe toujours bien la rencontre avec le public.

ActuaLitté.com : Comment en êtes-vous venus à dessiner des manga ou peut-être devrait-on dire plutôt des manfra ?

Miya : On fait partie d'une génération dessins animés. Personnellement je n'ai pas accroché à la BD classique franco-belge. J'ai lu mon premier manga à 12 ans. Et je me suis mise à dessiner. J'avais besoin de raconter quelque chose. Comme j'avais une culture essentiellement manga, c'est dans cette forme que j'ai commencé à dessiner.


Reno : manga, manfra moi je suis dessinateur un point c'est tout. Je fais ce que j'aime. Après je comprends que l'on ait besoin de catégoriser mais bon. Sinon, pour répondre à la question, comme le disait Miya, on est de la génération Club Dorothé, donc a forcément été influencés. Et c'est normal de voir émerger des auteurs de manga en France. Je pense que la génération montante, qui va arriver, sera les vrais mangaka français. Nous, on sert d'éprouvette.

ActuaLitté.com : Et quels sont les manga (et ou BD) qui vous ont influencés ?

Reno : Contrairement à Miya, j'aime un peu de tout. Il y a autant du franco-belge que du manga. Il y a donc du Petit Spirou, du Walt Disney tout comme du Dragon Ball ou plus récemment One Piece, Berserk ou encore Le nouvel Angyo Onshi que je viens de terminer.

Miya : J'ai pas vraiment de titres spécifiques. À 16/17 ans je lisais beaucoup de Clamp. Je trouve qu'elles ont un graphisme élégant au service de l'efficacité. Sinon, aujourd'hui j'aime bien Paradise Kiss. Je lis principalement du shôjo et c'est aussi le style dans lequel je travaille. Par contre, je sais quand même reconnaître les qualités graphiques d'un bon shônen. Enfin, au niveau de l'animation, j'ai bien aimé Princess Mononoke et Porco Rosso.


ActuaLitté.com : On sent bien que les manhwa et manhua (les manga coréens et chinois) ont un style qui diffère quelque peu des manga. Pensez-vous qu'un style purement français émergera dans les manfra ?

Reno : On vient d'un pays avec une culture BD propre. Il y aura donc évidemment un style différent du manga. Par contre, en France on est plutôt individualiste et donc je ne pense pas qu'il y aura un style proprement français. Comme je le disais tout à l'heure, le manga fait par des auteurs français est un tout jeune marché qui se teste. Nous, on prépare le terreau pour la prochaine génération.

Miya : Pas mieux (rires). Oui, je pense effectivement aussi, qu'il y aura dans le manga à la française un mélange d'influences japonaises et européennes.

ActuaLitté.com : Miya une question juste pour vous. Ceux qui ont lu les bonus du premier tome de Vis-à-Vis comprendront. Avez-vous, enfin un chat ?

Miya : (rires) euh... non. En fait, j'aime pas trop les chats. Je préfère les chiens. Mais c'est étonnant de voir combien de mangaka possèdent un chat et parlent de lui dans leurs bonus.

ActuaLitté.com : Enfin, en parlant de la génération montante. Qu'avez-vous pensé des lauréats du prix SFR jeunes talents organisé en partenariat avec Pika ?

Miya : La rencontre avec les lauréats a été super sympa. Ce sont des gens passionnés et ils avaient bien trois styles différents. Un peu comme nous.

Reno : C'est bien ce qu'ils ont fait parce que c'est un exercice difficile. Sur le Salon du Livre, le stand est sympa, il est bien mis en valeur. Pour en revenir aux lauréats, ce sont tous des écrivains et c'est pas un hasard.

ActuaLitté.com : Reno Lemaire, Miya merci. Et bon courage pour la suite

Miya et Reno : Merci aussi, et bon courage pour le Salon...