L'uchronie : défendre une histoire "revisitée, réinventée, mouvante"

Association Effervescence - 26.08.2014

Interview - Arthur De Boutiny - Les Uchroniques - recueil nouvelles


Chaque semaine, ActuaLitté, en partenariat avec l'association Effervescence, réunissant les étudiants et anciens élèves du master Édition et Audiovisuel de Paris-Sorbonne, vous donne rendez-vous : retrouvez dans les colonnes de notre magazine une chronique, réalisée par les étudiants de la formation, racontant la vie du master et de l'association. 

 

Cette semaine, découvrez de plus près l'un de nos auteurs : Arthur De Boutiny.

 

Cela fait près d'un an que nous parlons des tours et détours du livre des Uchroniques. Il était temps de tirer le portrait de leurs contributeurs sans lesquels l'ouvrage de la promotion Édition n'aurait pas vu le jour. 

 

Aujourd'hui, c'est Arthur De Boutiny, l'auteur de L'Albanie : 1984 en tout petit, qui vous est présenté par Charlotte Monnier, étudiante du master.

 

 

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Arthur De Boutiny, amant de l'uchronie depuis l'enfance

 

Pas facile, dans une chronique journalistique tenue par de futurs éditeurs, de dresser le portrait d'un journaliste. Arthur De Boutiny, jeune diplômé du CFJ (Centre de formation journalistique), a pourtant accepté de nous laisser endosser son rôle le temps d'une petite heure au téléphone. Pas facile de mener un tel entretien à distance. « Il est évident que moi aussi, pour autant que cela soit possible, je préfère parler directement et en live aux personnes que j'interviewe. » Nous voilà donc d'accord sur un premier point essentiel, l'interview commence bien. 

 

Passionné depuis ses 12 ans par le phénomène de l'uchronie, il est ce que l'on peut considérer sans aucune hésitation comme un spécialiste. Il a d'ailleurs lui-même employé à plusieurs reprises le néologisme « uchroniste » – ce qui nous a bien fait sourire.  

 

Qui es-tu ? 

 

« Un pessimiste mélancolique qui parle toujours au second degré, parce que le monde réel est trop dur. » Il nous a ensuite confié sa tendance addictive à la fréquentation des réseaux sociaux. Mais quand il nous a dit que c'était via Facebook qu'il avait entendu parler du projet des Uchroniques, nous avons estimé que son crime était aussi véniel que digne de confiance. 

 

 

 

 

Suite à sa découverte (sur Facebook) du projet des « uchronistes sorbonnards » que nous sommes, il s'est donc lancé dans l'écriture de son fragment issu d'une autre réalité que celle du monde d'aujourd'hui, soit une réalité dans laquelle le mur de Berlin ne serait pas tombé. Et puisqu'il était en pleine lecture d'un essai historique au sujet de l'Albanie, il nous a rendu ce qui dans notre ouvrage porte le titre L'Albanie : 1984 en tout petit, article fictif du Monde diplomatique. De loin le texte le plus académique de notre livre, Le jour où le mur de Berlin n'est pas tombé – et tous ceux qui suivirent. 

 

Arthur dit avoir été surpris par la dimension extrêmement artistique de l'ouvrage finalement paru aux éditions Uchroniques, label éphémère porté par la promotion 2013/2014 du master. Toutefois, il précise que surpris n'est pas déçu et ne cesse de répéter l'admiration qu'il a porté à notre travail. Les Uchroniques l'en remercient donc chaleureusement.

 

 

Qu'est-ce que pour toi l'uchronie ?

 

Arthur De Boutiny a répondu avec l'assurance de la vérité : une passion. En effet, il ne nous a pas fallu des heures de discussion pour comprendre que lui et l'uchronie, c'était une grande histoire d'amour. 

 

« J'ai découvert l'uchronie très simplement à l'âge de douze ans avec le roman d'Éric-Emmanuel Schmitt, La Part de l'autre. Puis j'ai cherché à en savoir plus, alors je me suis tourné vers des ouvrages plus scientifiques comme L'Uchronie de Éric Henriet, dont la préface a d'ailleurs été écrite par Emmanuel Carrère, le parrain de votre promotion. Je me suis alors très rapidement aperçu que les anglo-saxons étaient largement plus calés en matière d'uchronie. »

 

S'en est suivi tout un débat passionnant sur le pourquoi du comment est-ce que l'uchronie peine un peu à trouver sa place et sa légitimité en France. Aux dires d'Arthur De Boutiny, la réponse se trouve dans le fait que l'histoire en France est très normée, acquise. Elle n'est jamais remise en question. 1870 : Commune. 1914 : assassinat de l'archiduc François-Ferdinand. 1944 : Normandie. On apprend tout cela par cœur comme un poème écrit noir sur blanc et une bonne fois pour toutes. 

 

Arthur le regrette, parce qu'en fervent partisan de l'uchronie il défend une histoire sans cesse revisitée, réinventée, mouvante et qui puisse nous inspirer au quotidien. Mais c'est en train de changer et l'uchronie est de plus en plus présente dans notre paysage culturel, alors Arthur s'en réjouit. 

 

 

Première page du texte d'Arthur De Boutiny

 

 

 

Et pour la suite ? des projets ?

 

Arthur nous confie toujours avec la même passion son désir d'écrire et de voyager. Il a donc l'intention de prendre une année sabbatique pour écrire, bien sûr, et voyager, évidemment. Après avoir écrit deux romans (pas encore publiés), il a la belle intention de les parfaire et de les soumettre à quelques éditeurs parisiens. 

 

C'est d'ailleurs avec un réel plaisir que nous l'écoutons nous parler du propos et des sujets de ses romans. De la starlette californienne déchue à l'histoire d'un mec raté dont la relation virtuelle sur un site de rencontre prend une triste et mauvaise tournure, il nous semble qu'il y a autant de bon que de vrai dans ses fictions inspirées du drame contemporain qui se déroule sous nos yeux au quotidien. 

 

Enfin, et quand bien même nous avions affaire à un journaliste fort de belles expériences en la matière, nous avons eu le privilège de faire connaissance avec l'écrivain qui vibre en Arthur De Boutiny. Un écrivain qui vient d'ailleurs de faire ses preuves en remportant le premier prix du concours littéraire du CROUS, victoire relayée sur Facebook le 23 juillet par les Uchroniques. Prometteur, vous dites ?

 

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Vous pouvez lire le texte d'Arthur De Boutiny en commandant notre ouvrage, papier (18 €) ou numérique (0,99 €), en ligne ou en librairie en visitant le site des Uchroniques.

 

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À mardi prochain !