'Les campagnes électorales sont de vraies mises en scène'

Clément Solym - 02.05.2012

Interview - Quitte ou double - Editions la Bourdonnaye - Gilles Dubois


Interview avec les auteurs de « 2012 : Quitte ou double », le livre choc sur les élections en France paru le 24 avril 2012, entre les deux tours des présidentielles, aux Éditions La Bourdonnaye.


ActuaLitté : Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?
Jean-Paul Picaper : Parce que nous nous demandons à quoi peut bien servir ce scrutin présidentiel. Pourquoi remplacer une équipe bien rodée, qui maîtrise son sujet, qui est bien vue en Europe et hors d'Europe, par des gens qui ne manifestement ne sont pas orfèvres en la matière et qui auront été élus en faisant des promesses qu'ils ne pourront tenir, comme François Hollande, voire en faisant du cinéma, comme Jean-Luc Mélenchon ? Leur campagne électorale est une vraie mise en scène. Ils l'ont préparée depuis cinq ans. Il avaient stocké tous ses ingrédients dans leur arrière boutique et les médias à leur solde distillent  maintenant peu à peu le poison. Des naïfs, des jeunes primo-votants aussi, hélas ! gobent tout cela. Cela leur donne l'impression de changer le monde et de faire bisquer « l'establishment ». 

Alors vous reniez les règles républicaines ? Si on ne veut pas remplacer les dirigeants, on va à la monarchie  ou à la dictature…
JPP. N'employons pas tout de suite les grands mots. Naturellement, nous ne voulons pas des dirigeants inamovibles et de droit divin. Seulement, à peine quelqu'un est-il élu chez nous que les médias commencent à le dénigrer et que ses adversaires se pointent déjà dans les starting blocks. Les sarkophobes aiguisaient depuis quatre à cinq ans leurs couteaux. Quant à la campagne électorale proprement dite, elle a commencé il y a un an au moins. Une vraie nuisance ! Ce n'est pas dans ces conditions qu'on peut gouverner calmement un grand pays. Vous voyez bien que nos institutions ont des dysfonctionnements !

 



Si les institutions ne fonctionnent plus correctement, vous voulez donc « sortir du système » comme Marine Le Pen ?
JPP. Pas du tout. Traiter la république de « système », comme le font Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, c'est employer le vocabulaire des nazis. C'est par ce terme que ces derniers désignaient la république allemande qu'ils ont finalement abattue. Raison pour laquelle, pour la direction du Front National, la droite républicaine incarnée par Sarkozy et l'UMP est l'adversaire principal. Marine Le Pen et son équipe rapprochée feront tout pour faire gagner Hollande parce qu'ils pensent qu'avec lui la France s'effondrera plus vite qu'avec Sarkozy à sa tête. Et ils s'imaginent qu'alors on fera appel au Front National pour sauver la patrie en danger. 


C'est là qu'on voit que le Front National est un enfant adultérin de François Mitterrand conçu par celui-ci pour casser la droite. Et Marine Le Pen, après son père, joue ce jeu-là. C'est toujours dangereux de jouer la carte du pire. Heureusement, les deux tiers au moins des militants et électeurs du Front National ne voient pas cela ainsi. Ils sont plus anticommunistes et antisocialistes qu'anti-UMP, plus anti-gauche qu'anti-droite démocratique. J'espère qu'ils en reprendront conscience avant le second tour des présidentielles et avant les législatives.


Quant à moi, je veux rester dans cette république.  Ce que je désapprouve, c'est l'instabilité. Je suis donc hostile à celui des candidats qui n'a que le mot changement à la bouche et qui prétend incarner le changement. Comme s'il suffisait de changer pour que tout aille mieux. Changer en pire, oui, c'est cela qui pend au nez. Il y a une belle fable de Lafontaine sur les grenouilles qui « se lassant de l'état démocratique, par leurs clameurs firent tant », en demandant de changer de gouvernement, que le roi des dieux leur envoya un héron qui les dévora. Nous citons cette fable à la page 123 de notre livre et je pense que tous les Français devraient la lire. Ce héron, c'est le régime dictatorial dont rêvent chez nous les néo-communistes et la droite de la droite du FN. 


Jusqu'en 2002, le mandat présidentiel durait sept ans. Maintenant, c'est cinq ans. Bientôt, ce sera quatre ans peut-être. Comme si la crise mondiale, les révolutions à nos portes dans le monde arabe et la menace iranienne qui se profile, ne créaient pas assez d'instabilité autour de nous !

Vous êtes donc contre l'alternance ? 
JPP. Non, elle peut apporter du renouveau, mais cela dépend à quel rythme et à quel moment. Si vous voulez encore plus de spectacle électoral, alors ouvrez les urnes tous les deux ans. Ainsi on aura toujours du spectacle. Ou bien créons une république des soviets, avec des élections incessantes et des revendications permanentes. Jusqu'à ce que le politburo ou le comité de salut public remettent de l'ordre et qu'on réprime les grèves par les armes, à la manière de Trotski qui l'a plus tard payé de sa vie parce que la révolution dévore ceux qui la sèment. N'oublions jamais l'histoire du XXème siècle. La démocratie, ce sont les évolutions lentes et les réformes menés à bien et à petits pas. C'est un régime politique ouvert aux critiques, mais non pas aux casseurs et démolisseurs. La crise a créé en France et en Europe des situations complexes. Il faut stabiliser tout cela peu à peu pour que la machine redémarre dans de bonnes conditions. On répare avec un tournevis, pas à coups de marteau.

Vous parliez du « spectacle électoral ». Vous critiquez les médias. Vous êtes pourtant journaliste ?
JPP. Les brebis galeuses se multiplient visiblement plus vite que les autres dans la profession. Voyez comment un certain Edward Epstein a sorti au dernier moment la botte secrète, comme quoi le gouvernement français aurait tendu un piège à DSK au Sofitel pour l'éliminer de la course. Cela ne m'a guère étonné que Claire Chazal, l'amie d'Anne Sinclair, donne un tel écho à ces élucubrations d'un homme qu'il faut bien qualifier d'anormal ou de débauché. D'autant qu'elles ont été formulées dans une interview au « Guardian » britannique fabriquée de toutes pièces par le dénommé Epstein.

 

Pour faire bonne dose, « Mediapart », ce bouillon de culture plus bouillon que culture, a ressorti le fiel répandu par le fils de Kadhafi sur un prétendu financement de la campagne Sarkozy de 2007. Laurence Ferrari, elle aussi, avait mentionné déjà cela dans une question au président. Curieux non ? Surtout quand on sait que « Mediapart » est financé partiellement par le Parti Socialiste et que le document utilisé contre Sarkozy est un faux. Je pense que Nicolas Sarkozy a bien réagi à rumeurs de caniveau.

 

Mais que dire des journalistes de la télévision qui gagnent un Pactole mais évoquent depuis cinq ans le refrain du Fouquet's ? Je crois qu'il arrive à Hollande de fréquenter des restaurants plus chers que le Fouquet's. Et il n'est pas le seul dans son camp. Mais les médias ne le disent pas. Forcément, les socialistes sont des modèles de vertu. Ils défendent la veuve et l'orphelin. Soit dit en passant, aucun homme politique dans l'histoire de France n'a été aussi calomnié que Sarkozy.

 

Parce qu'il les dérange par son intelligence, son dynamisme, son courage et qu'il a osé marcher sur leurs plates-bandes bien gardées depuis 1968. Le pire a été quand « L'Humanité » la semaine dernière a osé comparer Sarkozy à Pétain. Pas croyable, non ? Or, quand Pétain alignait des platitudes en 1940, le PCF était le bon élève de Staline et l'allié objectif d'Hitler par le biais du Pacte Ribbentrop-Molotov. Que la Wehrmacht ait envahi la France ne l'avait pas beaucoup ému. Il n'est entré dans la Résistance que le 22 juin 1942 quand la Wehrmacht a envahi l'URSS. Et comment ? En assassinant des militaires allemands isolés pour qu'Hitler fasse fusiller des otages français. 

Cette campagne vous paraît trop violente ? 
JPP. Non, car les professionnels de la manif à la CGT, SUD, FO, retiennent leurs troupes pour ne pas faire peur avant le scrutin aux « bobos » et autres bien-pensants frileux. Mais ceux qui jugent cette campagne ennuyeuse se fourvoient. L'enjeu est considérable. Nous prendrions un tournant décisif  et nous arriverions à un point de non retour si la gauche accaparait tout le pouvoir régional qu'elle a déjà, et national auquel elle aspire, y compris donc le Sénat, l'Assemblée et la Présidence. Une vraie chape de plomb !

Un pouvoir total donc, selon vous ?
JPP. Quasi-totalitaire, oui. Il n'y a plus de partage des pouvoirs. L'exécutif et le législatif sont dépossédés progressivement de leur autorité légitime au profit d'une justice grincheuse dont l'inconcevable Eva Joly est l'incarnation, mais en faveur également de deux autres pouvoirs non inscrits au registre de Montesquieu, celui des médias majoritairement à gauche ou contaminés, et celui de la rue. S'ajoute que la gauche a fait de l'éducation nationale est son domaine.

Ces distorsions institutionnelles sont-elles le thème de votre livre ? 
JPP. Non, c'est dans le livre en filigrane. Ces questions seront approfondies ailleurs si on nous en laisse le temps. Nous avons fait un livre grand public dans lequel nous cherchons à montrer comment certains hommes  et femmes et leurs partis ont instrumentalisé la crise économique et financière importée pour en tirer profit électoralement. Ils ont même tenté d'aggraver les problèmes pour en tirer plus de bénéfice encore. On les a vus applaudir quand une agence de notation a dégradé la France et dénigrer ou maquiller tout ce que Sarkozy a pu faire pour limiter les dégâts de la crise, non sans succès d'ailleurs. 
Certes, en dressant l'oreille, on entend des choses qui ne tournent pas rond dans notre démocratie. Les populistes de l'ultra-droite et les « dinamiteros » marxisants en profitent, entraînant les médias dans leur sillage et malheureusement aussi des foules exaltées. Les visages du public et les gesticulations de l'orateur,  le 19 avril à la dernière grande manifestation de Mélenchon, me rappelaient une époque lointaine, dans une Allemagne en perdition. Je n'en dis pas plus, je vous laisse deviner à qui je pense. Que Monsieur Mélenchon me rassure ! Qu'il me dise qu'il ne copie pas celui que Chaplin a si bien incarné dans un film culte ! 

Mais Mélenchon n'a pas obtenu la troisième place à laquelle il aspirait au premier tour !
JPP. Certes. Il aurait eu 13% ou 14% des voix si nombre de ses sympathisants n'avaient pas voté Hollande pour que celui-ci dépasse Sarkozy et se lance ainsi en première position dans le sprint du second tour, ce qui impressionne toujours la galerie. Mais Mélenchon se profile derrière Hollande. Le chef du Front de gauche assure qu'il ne participera pas au gouvernement. Il ne sera donc pas tenu par la discipline gouvernementale et pourra pressurer Hollande avec ses trois leviers, son appoint de voix pour les votes à l'Assemblée, la rue pour les manifs et la CGT pour les grèves. Hollande sera dépendant de Mélenchon. Mélenchon a dit qu'il faudra compter avec son parti à l'avenir, même s'il a appelé à battre Sarkozy au deuxième tour sans demander de contrepartie. Curieux ralliement qui ressemble à un chantage. En fait l'anti-sarkozysme est le seul lien qui les unisse tous. Le « Ote-toi de là que je m'y mette ». A supposer qu'ils arrivent à avoir la peau de Nicolas Sarkozy, ce sera tout de suite le chantage : soit tu reprends nos propositions, soit nous mettons la pagaïe, en bons communistes.

S'ajoutent  la dette et le chômage. Hollande a promis monts et merveilles. Personne ou presque ne le croit. Lui-même n'en croit pas un mot sans doute. Mais il peut être élu si Marine Le Pen impose elle aussi sa tactique anti-sarkozy à ses militants, si Mélenchon fait de même que Bayrou reste sur ses positions parce que Sarkozy ne le chouchoute pas. Alors le Modem votera en majorité Hollande. Et nous subirons un nouveau Front Populaire, plus utopique que jamais, comme en Grèce sous Papandréou, comme en Espagne sous Zapatero, deux pays qui voient monter leurs taux d'intérêt à des niveaux inabordables. Madame Thatcher avait dit : "Le socialisme ne dure que le temps de dépenser l'argent des autres". Alors, le problème est le suivant : "Comment fait-on pour dépenser quand les caisses sont vides, et que plus personne ne veut vous faire crédit ?". Les banquiers et les entrepreneurs mettront alors la clé sous la porte. Mais c'est quand on fermera les livrets A et que les rayons des supermarchés commenceront à se vider que cela deviendra intéressant pour le commun des mortels.

Mais Sarkozy aura lui aussi des problèmes de financement de la dette ?
JPP. Ce ne sera facile pour personne. Mais il y a une façon socialiste de compter les sous. On racle les fonds de tiroirs et on partage les restes. S'il y en a. L'autre, la libérale, consiste à essayer de créer de la richesse par l'innovation et la liberté d'entreprendre, de travailler, pour redistribuer les surplus. 

Gilles Dubois. Contrairement à ce qui s'est passé en Allemagne et en Europe du Nord, la politique en France, en particulier dans les syndicats et les partis de gauche, n'a pas réussi à se défaire de ses vieux démons de la lutte de classes. On a vu des éléments du PS, du Front de gauche et du Front National déclencher une campagne de germanophobie rappelant le nationalisme haineux qui a mené à 1914. Jaurès a dû se retourner dans sa tombe. A quelle époque vivent donc ces gens ? La lutte de classes est un concept du XIXème siècle, mais elle a été le moteur de la campagne de la gauche en 2012. La SFIO et le PS avaient certes un peu évolué, quoique bien moins que le SPD social-démocrate allemand, que les socialistes scandinaves, que les Travaillistes britanniques. Mais, maintenant, le PS est gangrené par la gauche mélenchonienne. Après 1981, Mitterrand avait phagocyté les communistes. En 2012, c'est le contraire qui se passe. Parce qu'en 1981, la France était riche. Aujourd'hui les caisses sont vides. Jean-Luc Mélenchon a dit qu'il ne voulait pas participer au gouvernement Hollande. Mais on le voit déjà venir. Après les scrutins, il changera de cible. Il tirera sur Hollande, qu'il déteste, comme il a tiré sur Sarkozy qu'il haïssait. Il le grignotera pour faire glisser la France vers un régime marxisant et dirigiste. Il y a une chose que je ne comprends pas dans la stratégie de l'UMP. La gauche reproche à l'UMP de se rapprocher du FN, ce qui est faux, mais la droite oublie de rappeler que le PS est officiellement allié aux anciens staliniens du PC qui brandissent le drapeau rouge. 

JPP. Sarkozy était bien entendu le rempart qu'il fallait abattre en premier pour faire tomber la forteresse France. Le second sera Hollande. Sarko est haï par la gauche comme aucun politicien avant lui parce qu'il a montré que la droite française pouvait devenir moderne et moderniser le pays. Il a fait bouger les lignes, il a brisé des tabous et remis la France en mouvement alors que Mitterrand n'avait presque rien fait et Chirac rien du tout. Pour la gauche, c'est clair : cet homme est dangereux. Hollande se défendra encore moins bien que Sarkozy contre les extrêmes. Un grand journal de New York plutôt démocrate a écrit que la France va élire avec lui un « politicien de second rang ». 

Comment les Allemands voient-ils cela ?
GD. Une journaliste vedette de la télévision allemande, Marietta Slomka, disait il y a quelques jours au petit écran que ses compatriotes suivent ce qui se passe en France avec beaucoup d'inquiétude. Ce qui rassure les Allemands, c'est que chez eux le pouvoir politique est stable. On s'achemine vers une réélection de Mme Merkel en 2013, vers une grande coalition centre-droit et centre-gauche jusqu'en 2017, et l'économie est relativement prospère. Néanmoins, l'instabilité politique en France et un effondrement budgétaire et industriel de notre pays auraient des répercussions en Allemagne parce que nos investissements et nos échanges sont très imbriqués. Politiquement, la France a toujours été considérée par nos voisins comme plus à gauche que l'Allemagne. Pour eux, l'UMP a des positions proches du SPD allemand, le PS est proche du parti allemand anticapitaliste La Gauche, et le Front de Gauche se situe sur l'aile gauche de La Gauche allemande, c'est-à-dire dans le sillage de la RDA qui a été la plus grande catastrophe économique générée par l'histoire allemande. 

Est-ce la raison pour laquelle vous avez écrit dans le dossier de presse de votre livre : « Élections en France : L'Europe retient son souffle » ? 

GD. Oui. Car l'Europe telle qu'elle est s'effondrera si la France plonge. Je ne parle pas du Front National qui veut mettre notre pays au régime sec de l'autarcie et de l'isolationnisme. Jean-Luc Mélenchon lui aussi veut annuler, comme il dit, le traité Merkel-Sarkozy et prône un protectionnisme obtus. François Hollande veut  renégocier ce traité dont l'encre est à peine sèche. Les quelques vingt cinq autres États de l'Union Européenne, et surtout pas l'Allemagne, n'accepteront jamais cela. Mme Merkel l'a dit.  

JPP. L'Allemagne craint à juste titre qu'un gouvernement Hollande ne restaure le dirigisme et le centralisme qui sont, pour les Allemands, des facteurs de misère et d'échec. Ils l'ont appris à leurs dépens sous Hitler et sous Honecker.

GD. L'économie de marché est inscrite dans les traités européens. Il en résultera quasi-automatiquement et peut-être plus vite qu'on le croit, une implosion de l'Union Européenne et un effondrement de l'économie française. Les mesures draconiennes qu'adoptera la gauche française contre l'économie de marché vont faire fuir les capitaux vers l'Allemagne et ailleurs. Les fameux « marchés » qui gèrent beaucoup d'argent de petits épargnants, notamment les fonds de retraite américains, feront monter les taux d'intérêt requis de la France et même se retireront pour provoquer une faillite. Berlin fera tout pour ne pas être entraîné dans ce maelstrom et s'appuiera économiquement sur le Benelux, la Scandinavie, l'Autriche, en requérant l'appui de l'Italie et de la Pologne, plus le commerce avec la Chine et la Russie. 

JPP. Les médias français ont caché que Berlin – et aussi Washington - a multiplié les gestes de soutien à la réélection de Sarkozy pour ses derniers cinq ans de mandat. Ils déforment même ce que dit Mme Merkel à propos de la croissance en Europe. Ni Francfort ni Berlin ne veulent la même croissance que Hollande, la prétendue croissance par la dépense et la consommation. Nos voisins européens de l'Est et du Nord veulent la croissance par l'investissement et le travail. Le ministre de l'Intérieur allemand, Hans Peter Friedrich, a donné un signal fort, ces tout derniers jours, en passant un accord avec Claude Guéant sur la possibilité de fermer pendant un mois renouvelable les frontières extérieures de l'Union Européenne pour stopper l'immigration clandestine et naturellement aussi la criminalité internationale. L'Allemagne craint l'invasion des clandestins en cas de victoire de la gauche en France. 

Ce sont des perspectives bien noires. Mais si la France sort de l'euro, comme le préconisent les partis extrêmes, elle pourra relancer son commerce extérieur.
GD. Pendant quelques mois, mais ensuite l'inflation mangera l'épargne et les salaires. Mais c'est vrai que nous devrions alors sortir bien malgré nous de l'euro parce que l'Allemagne soutient financièrement la Grèce, mais elle ne pourrait pas payer pour la France. Nous serions alors coupés de l'Europe et du monde, avec une monnaie quasi-inconvertible. Si Hollande gagne, la France sera seule. 

Alors finie la politique étrangère ?
JPP. Justement, elle s'est invitée comme jamais avant dans cette campagne électorale. La gauche s'en est aperçue trop tard et cela a été sa faute majeure. Mais qu'aurait-elle pu faire ? Elle n'avait rien fait, alors que Sarkozy a accumulé les succès dans ce domaine et rendu à nouveau présente dans le monde une France qui s'était absentée sous Chirac en tant qu'acteur de la scène mondiale, après le coup de tonnerre fanfaron de Mururoa. 

Mais comment Hollande aurait-il pu se faire connaître hors frontières alors qu'il n'était pas aux commandes de notre pays ?
JPP. Sarkozy était connu à l'étranger avant d'être président, comme ministre et chef de parti. La gauche n'avait pas confié de responsabilités ministérielles à Hollande parce que son caractère de père tranquille faisait de lui un amortisseur dans le PS. Les quelques 2 millions de Français de l'étranger ont reçu une lettre personnelle de Hollande affirmant que l'image de la France à l'étranger s'était « dégradée » sous Sarkozy. Ils ont dû s'apercevoir que l'argument n'était pas crédible. Alors Pierre Moscovici nous a écrit que les consulats de France n'ont pas défendu les intérêts des Français hors de France depuis 2002. C'est-à-dire depuis que la gauche n'est plus au pouvoir. Qui pourrait bien avaler de telles énormités ? Cela prouve tout simplement que la gauche piétine et invente des subterfuges pour cacher qu'elle pédale à vide. Toujours est-il que les Français de l'étranger ont élu Sarkozy. Même en Allemagne où pullulent les enseignants et artistes français de gauche, Sarkozy talonne Hollande alors que Ségolène Royal dominait en 2007. Les Français de l'étranger voient la dimension internationale de la crise et en Allemagne, ils sentent qu'on n'aime pas Hollande. 

Croyez-vous malgré les sondages à la victoire de Nicolas Sarkozy ? 
GD et JPP. Ce que nous craignons surtout, c'est la démobilisation dans le camp de Sarkozy. Depuis des mois déjà, nombre de ses sympathisants semblent s'être donné le mot : la bataille est perdue. Avec des réactions en chaîne. Alors on baisse les bras. Comme le lançait Mélanchon à la foule le 19 avril : « Entendez-vous ce bruit de fond ? Ce sont les rats qui quittent le navire ». Les Français sont-ils des rats ? Or, Sarkozy a encore de puissants atouts et Hollande de terribles lacunes. La victoire de Sarkozy est encore possible si les gens comprennent à temps ce qui se trame. Nous espérons que les expatriés ne deviendront pas des émigrés et que la mère patrie ne sera pas un jour une République française des soviets. Ceux qui s'imaginent dans l'UMP ou au Modem qu'ils pourront un jour revenir dans la course en 2017, en cas d'échec de Sarkozy, se trompent gravement. Une partie de la France est poussée à l'insurrection et notre pays pourrait changer radicalement. On a déjà vu cela dans l'histoire, même récente.




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