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Maquette, graphisme ou mise en page : InDesign, “ça peut être magique”

Nicolas Gary - 15.03.2017

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ENTRETIEN – Chef de studio dans l’agence de communication Epiceum, Lionel Dupuydenus baigne dans le monde du graphisme au point d’y nager comme un poisson dans l’eau. Il anime les formations InDesign proposées par Fontaine O Livres, et revient avec nous sur les secrets de cet outil, essentiel dans l’édition.

 

Pen & book

Jain Basil Aliyas, CC BY 2.0

 

 

Comment appréhender l’outil InDesign, quand on n’en a aucune connaissance préalable ?

 

Lionel Dupuydenus : La meilleure façon de découvrir un logiciel, c’est de travailler sur un projet, si possible personnel, qui nous demande une certaine implication. Au début on tâtonne beaucoup, puis très rapidement, on va « bidouiller", trouver des solutions. Certes, pas toujours les meilleures ou les plus efficaces, mais qui correspondront au résultat voulu, ou tout cas suffiront à notre satisfaction personnelle. 

 

Dans un environnement professionnel, la « bidouille" a ses limites, le temps est précieux, le résultat plus exigeant, et surtout ne concerne plus uniquement nous-même, mais une équipe, des photographes, des illustrateurs, des auteurs, des prestataires techniques… 

 

Donc il n’y a pas de règles, chacun peut découvrir le logiciel à sa guise, tout dépend de son utilisation finale. Seules les connaissances et les limites techniques détermineront votre niveau d’utilisation.

 

Comment avez-vous "découvert" cet outil ?

 

Lionel Dupuydenus : J’évolue dans la communication, la presse et l’édition depuis maintenant 25 ans. Je suis tombé dans la PAO un peu par hasard puisqu’au départ j’étais concepteur-rédacteur. J’ai d’abord découvert l’outil informatique avec le Mac, puis les logiciels de mise en page, et ensuite l’ensemble de la chaîne graphique… Je me suis senti à l’aise dans ce milieu à la fois créatif et exigeant techniquement.

 

La formation inDesign de Fontaine O Livres 

 

J’ai commencé sur PageMaker, puis rapidement X-Press (j’adorais vraiment ce logiciel !) que j’ai longtemps pratiqué. Par la suite, au début des années 2000, InDesign est venu un peu bousculer le monde de la PAO (il faudrait du temps pour vous en exposer les raisons !). Je dois avouer que mes premiers pas sur ce logiciel ne m’ont pas vraiment convaincu. Puis, passées quelques erreurs de jeunesse et avec la pratique, InDesign s’est vite imposé comme une application incontournable, jusqu’à déboulonner X-Press de son piédestal et remettre en cause son monopole, pour le dépasser aujourd'hui.

 

Que permet de faire cette suite logicielle pour les différents acteurs ?

 

Lionel Dupuydenus : Comme pour tous les logiciels de la chaîne graphique, on peut avoir une approche créative et une approche plus technique, plus en rapport avec la phase de production d’un projet. InDesign s’insère dans une suite logicielle Adobe qui inclut le traitement photo (Photoshop), les objets vectoriels (Illustrator) et de nombreux autres outils utiles à la réalisation d’un projet d’édition, qu’ils soient imprimés ou digitaux.

 

N’ayant pas un talent créatif particulier, mon approche et mon programme de formation sont donc avant tout orientés vers une utilisation maligne, intelligente et productive du logiciel.

 

Pour le coup, nombre des stagiaires qui participent à ma formation sont, eux, des créatifs, qui souvent sont confrontés à leur limites d’utilisation en production. Les indépendants en particulier, qui sont à la fois obligés d’assurer la partie créative et la partie « exécution » d’un projet sont très en demande des fonctionnalités avancées. C’est généralement pour d’abord acquérir un gain de temps et d’efficacité, et ensuite être capable de répondre à de contraintes techniques particulières de conception, d’impression, de fabrication…

 

Quelles sont vos recommandations/ astuces, pour que chacun puisse en tirer le meilleur ?

 

Lionel Dupuydenus : Assurant, en plus de la formation, le rôle de chef de studio dans l’agence de communication Epiceum, j’ai un leitmotiv qui se vérifie régulièrement : « Si on passe trop de temps pour obtenir un résultat qui nous paraît simple, c’est qu’il y a une autre solution qui existe. » Avec ce principe, ça m’oblige à plonger dans le logiciel, à suivre en permanence son actualité, ses nouveautés, ses mises à jour, à visiter et interroger les forums professionnels et à acquérir toujours de nouvelles connaissances…

 

Quand tout d’un coup vous réalisez une tâche en quelques minutes alors qu’il vous fallait plusieurs heures pour obtenir le même résultat avant, ça vous donne un grand sentiment de satisfaction.

 

 

On a toujours le sentiment qu’InDesign est avant tout un outil pour les graphistes : d’où vient cette idée ?

 

Lionel Dupuydenus : InDesign est un logiciel de PAO professionnel qui ne s’est pas allégé avec le temps et qui a suivi l’évolution des technologies de publication. Beaucoup de fonctions, de fonctionnalités, d’options, de nombreux panneaux, menus, fenêtres… on est très vite débordé si on ne connaît pas les tenants et les aboutissants de la chaîne graphique, c’est à dire l’environnement d’utilisation logique et naturel du logiciel.

 

InDesign : formation mise à niveau

 

C’est pourquoi, sans un minimum de connaissances s’y rapportant et si ce n’est pas pour une utilisation régulière, je conseille d’aller vers des solutions plus simples et plus abordables de mise en page. Après, je n’empêche personne d’utiliser InDesign à des fins personnelles, même si ça me semble cher comme investissement !

 

Quels sont les pré-requis essentiels pour débuter cette formation ?

 

Lionel Dupuydenus : C’est un peu un résumé de tout ce que je viens de vous dire : tout d’abord une bonne maîtrise de l’outil informatique, de véritables projets à réaliser, un environnement professionnel en lien avec la chaîne graphique, un socle de connaissances minimum (typographie, couleur, image…), une grande aptitude à la curiosité, si possible un peu de goût… et beaucoup de persévérance.

 

Si vous rassemblez quelques-uns (beaucoup) de ces critères, alors vous êtes prêts pour cette formation. Et vous allez voir, ça peut être magique !