Pascale Léon : "Le mot autoédition a pris une nouvelle dimension"

La rédaction - 12.10.2015

Interview - autoédition lecture - auteurs indépendants


Pascale Léon vit à New York où elle se consacre à l’écriture. Auteure de plusieurs nouvelles publiées chez Bayard Presse, elle a choisi l’autoédition pour son roman La Femme à la cravate noire. Un polar haletant qui entraîne le lecteur dans une course contre la montre et avec lequel elle participe à la Rentrée des indés, la rentrée littéraire des auteurs autoédités.

 

 

 

Parlons d’abord de La Femme à la cravate noire. Pouvez-vous le résumer en quelques phrases ?

Un célèbre tableau d’Amadéo Modigliani La Femme à la cravate noire disparaît du musée Steiner. Stéfanie Rosen, agent spécial de l’organisation ALFA, doit alors mener une course contre la montre pour le retrouver, car les meurtres se succèdent à un rythme sans précédent pour ce genre d’affaires. L’enquête mènera la jeune femme jusqu’aux confins de la Floride dans l’antre d’Hemingway. Mais sa rencontre avec Andy Marcinka, un peintre raté au mal de vivre chronique, sera-t-elle l’instrument de sa perte ou celui de sa rédemption ?

 

Quelle a été votre source d’inspiration, l’évènement qui vous a poussé à écrire ce livre ?

Le monde de l’art a toujours exercé sur moi une grande fascination. Le fossé qui existe entre le talent d’un artiste, dont l’existence, la plus souvent difficile, n’a strictement rien à voir avec les sommes faramineuses auxquelles se négocient ses tableaux après sa mort, me laisse perplexe quant à la reconnaissance du talent. Cela est vrai chez les écrivains également…

Cette réflexion qui me hante, est sans doute la principale raison qui m’a motivée à écrire ce roman.

 

Une bonne raison de lire votre livre ?

Si vous aimez les thrillers psychologiques, vous allez adorer La Femme à la cravate noire. J’ai voulu qu’on lise cette histoire comme on regarde un film. À sa lecture vous serez entrainé dans une spirale infernale qui vous conduira dans les abysses de la mafia et du trafic d’art. Lorsque vous croirez faire surface, vous serez de nouveau aspiré par un tourbillon qui ne vous lâchera plus jusqu’à la dernière page.

 

Pourquoi avez-vous choisi l’autoédition ?

Par le passé, l’autoédition a souvent été pour les auteurs une alternative au rejet, la plupart du temps systématique, de leurs manuscrits par les maisons d’édition. Quel aspirant écrivain n’a pas essuyé le refus d’un ou de plusieurs manuscrits par des éditeurs qui, il faut bien le dire, faisaient jusqu’à présent la pluie et le beau temps ? La petite histoire dit que même des romanciers, maintenant reconnus de tous, ont également éprouvé ce genre de déconvenue.

 

Bien sûr, il s’agit ni de tomber dans l’amertume ni dans l’euphorie, mais plutôt de contempler les différentes possibilités qui s’offrent à nous. Grâce aux vastes opportunités que propose internet, le mot autoédition a pris une nouvelle dimension.

 

S’il est toujours d’actualité de pouvoir s’autoéditer, il est désormais possible de le faire à coût extrêmement réduit.

En effet, internet a mis à notre disposition des outils de fabrication, de marketing ainsi que de nombreuses plateformes de vente. De nos jours, l’écrivain se doit en quelque sorte d’avoir plusieurs facettes. À celle de l’auteur s’ajoute, en dépit parfois de l’appréhension de l’aspect technique, celle de l’entrepreneur. Le fait de contrôler la destinée de son travail, de l’écriture d’un livre jusqu’à sa mise en vente, a quelque chose d’ambitieux et de motivant à la fois.

 

Parlons de vous : depuis quand écrivez-vous ? Comment vous est venue l’envie d’écrire ?

J’écris environ depuis l’âge de treize ans. J’ai commencé dans le seul but de distraire mes amies de pensionnat. Pendant l’étude du soir, je leur concoctais un nouvel épisode d’une sorte de saga sans fin que je leur lisais avant l’extinction des lumières. Leur attente était telle que je travaillais d’arrache-pied pour ne pas faillir à ma parole. Je dois dire que cette discipline m’a servi des années plus tard, lorsque je me suis mise à écrire des nouvelles pour le groupe Bayard Presse.

 

 

 

Ma rencontre avec Vercors a été également un déclic important dans mon envie d’écrire. En effet, c’est en interprétant le rôle de la nièce dans son chef d’œuvre : Le Silence de la mer, que j’ai eu le bonheur d’écouter chaque soir le discours de l’officier allemand, Werner von Ebrennac, et de réaliser combien des mots bien choisis pouvaient changer le cours des choses et même celui de l’Histoire.

 

Avez-vous des rituels d’écriture ? Comment cherchez-vous l’inspiration pour vos livres ?

Je n’ai pas de véritables rituels d’écriture, mais j’aime écrire sur un vaste bureau. J’ai besoin d’avoir de la place pour étaler la documentation dont je me sers pour étayer mes histoires.

L’inspiration me vient relativement simplement, car, comme beaucoup d’écrivains, je bénéficie d’une imagination extrêmement fertile. Les idées arrivent en force dans mon esprit, le plus délicat est de les mettre en ordre pour bâtir une histoire solide et passionnante pour mes lecteurs.

 

Quels sont vos auteurs favoris, ceux qui vous inspirent ou que vous considérez comme vos modèles ?

Il y a évidemment les auteurs qui sont incontournables comme nos grands classiques français et ils sont trop nombreux pour être tous cités, mais je suis fascinée par Balzac dont les descriptions détaillées m’enchantent. J’aime aussi lire et relire Zola, Flaubert et Hugo. Ces génies volent au-dessus des modes et des tendances. Ils ont écrit pour l’amour de l’art, leur passion de l’écriture nullement broyée par les rouages de la machine financière dont les exigences écrasent le plus souvent les gens qui ont vraiment quelque chose à dire.

Parmi les écrivains contemporains, mon admiration va à des auteurs comme Ken Follett, Christian Jacq, Françoise Sagan, Marguerite Yourcenar et tellement d’autres… J’aime aussi aller à la découverte de nouveaux auteurs sans rien connaître d’eux. Choisir un livre et l’acheter juste en le feuilletant et en découvrant une histoire, un style qui me plaît.

 

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui rêve d’écrire un livre mais n’a jamais osé se lancer ?

Dans son dernier livre, le docteur Frédéric Saldmann dit à propos de la volonté : « Retarder ce que vous avez à faire conduit à l’immobilisme. » Je pense que ce raisonnement s’applique à tous les domaines et tout particulièrement à l’écrivain en herbe qui, dans la plupart des cas, trouve dans la procrastination un refuge confortable.

On a souvent peur de se lancer, de ne pas savoir, de ne pas être à la hauteur voire d’être ridicule.

Je n’aurais qu’un seul conseil à donner : n’écoutez que votre désir.

 

Si vous voulez vraiment écrire, alors écrivez !

 

La Femme à la cravate noire est disponible sur le site de Pascale Léon, en version numérique, à 4,99 €

 

 

À propos​ de la Rentrée des Indés :

 

Pour la première fois cette année, en écho à la rentrée littéraire orchestrée par les éditeurs, 40 auteurs autoédités se réunissent pour s’offrir une visibilité inédite pendant tout le mois d’octobre et toucher de nouveaux lecteurs.

Épaulés par Iggybook.com (la plateforme des auteurs indépendants), Actualitte.com (le magazine des univers du livre) et Babelio.com (la première communauté de lecteurs francophones), ils lancent LA RENTRÉE DES INDÉS 2015.

Découvrez-les sur le site de la Rentrée des indés