Régionales : Jean-Paul Huchon évoque numérique, librairie, auteurs

Clément Solym - 08.03.2010

Interview - Huchon - regionales - numerique


La Culture représente 5 % du budget de la région, mais où est-elle présente dans la campagne que vous menez actuellement pour les prochaines élections ? On en entend que peu parler depuis le début de la campagne…

Jean-Paul Huchon : J'ai fait, pour ma part, plusieurs sorties culture. Et vous pouvez voir, dans mon programme, qu'elle prend une place importante. Mais j'entends ce que vous dites. En effet, ce qui inquiète les Franciliens aujourd'hui c'est l'emploi, les transports et le logement. Je les comprends. Depuis 2004, nous avons beaucoup parlé avec les professionnels de la culture. Ils nous connaissent, ils connaissent mon bilan et notre action. Je sais qu'ils ont eux aussi des difficultés, que certains artistes connaissent des situations de grande détresse. J'essaie, avec notre projet, de les aider plus encore.


Le secteur du livre se porte très bien, assurent les éditeurs, mais les libraires, pour leur part accusent de plus en plus le coût des hausses de leurs charges. Que peut faire la Région pour leur venir en aide ?

Jean-Paul Huchon : D'abord, le secteur ne se porte pas si bien, et vous êtes bien placé pour le savoir. Beaucoup d'éditeurs indépendants souffrent, et ils constituent pourtant le vivier de la diversité culturelle. Les auteurs ne vivent pas de leur plume et n'ont pas les droits qu'ont les salariés. Notamment pour la formation professionnelle, même si, avec le MOTif et la Région, nous avons mis en place un nouveau dispositif de formation pour les auteurs. Les premières formations auront lieu en avril.

Je crois que les libraires doivent être le coeur de notre politique en faveur du livre. Aussi ai-je inscrit dans mon programme que je voulais mettre en place un mécanisme d'aide aux loyers des librairies et un mécanisme de caution régionale des emprunts bancaires des libraires. J'ai aussi annoncé que je créerais un poste de développeur de la librairie en Île-de-France, c'est-à-dire une personne qui sera spécifiquement chargée de suivre les problèmes de transmission et de reprise des librairies, complexes comme j'ai pu le constater à Bourg-la-Reine, de formation des libraires et de création de nouvelles librairies.

« Je crois que les libraires doivent être le coeur
de notre politique en faveur du livre.
»

Je veux que le MOTif soit maître d'oeuvre de notre politique de soutien aux libraires, en lien étroit avec le service livres de la Région. J'ai bien conscience que cela supposera des moyens importants pour la librairie : j'y suis prêt.

J'aimerais que le gouvernement, lui, réponde pour ce qui le concerne aux difficultés du livre. Il n'y a toujours pas de loi sur le prix unique du livre numérique et on ne voit absolument rien venir non plus sur un lobbying auprès de Bruxelles pour que le livre numérique bénéficie d'une TVA à taux réduit.

Pourtant, Madame Pécresse siège au gouvernement. Si elle veut réellement que les choses bougent pour les libraires et les éditeurs d'Île-de-France, elle n'a pas besoin de faire des promesses de candidate. C'est comme ministre qu'elle peut conduire ces combats au sein du gouvernement Fillon. Que ne le fait-elle pas ?


Au cours de vos années de présidence de la Région, comment le milieu a-t-il évolué : plus de librairies, de bibliothèques ou d‘éditeurs même ? Et quid du lectorat de la région Île-de-France ?

Jean-Paul Huchon : Écoutez, je n'ai pas l'habitude d'être un démagogue. Je ne vous dirai jamais que le livre va mieux grâce à la seule action de la Région. Le livre va bien si les gens lisent des livres, si de bons livres sont écrits, se publient et se vendent.

Mais ce qui est vrai, c'est que la Région a eu une vraie influence sur les bibliothèques. Quand je suis arrivé, j'ai constaté que nous étions sous-équipés. Alors, j'ai décidé d'aider les communes à bâtir des médiathèques. Nous sommes la seule Région de France à le faire, il faut le savoir. Et aujourd'hui, nous avons rattrapé à peu près notre retard. Maintenant, nous devons réfléchir avec les communes, les bibliothèques départementales, les bibliothécaires, à l'arrivée du numérique. Je voudrais que la Région Île-de-France soit à la pointe de la numérisation dans les bibliothèques.

Vous savez, le service livres de la Région Île-de-France a beaucoup œuvré pour la chaîne du livre. Et je constate que nous avons permis, avec notamment l'expertise de l'ADELC, l'ouverture de nombreuses librairies. Je constate que nous avons permis à une centaine d'éditeurs d'Île-de-France d'aller au Salon du Livre de Paris chaque année. Je vois que le service livres et le MOTif préparent ensemble une présence des éditeurs franciliens à Francfort. Alors, certes, il faut rester modeste, mais c'est vrai : nous avons vraiment agi pour le livre en Île-de-France.

C’est pour cela que le maintien de la clause de compétence générale et des moyens inhérents sont nécessaires. C'est parce que cette politique est fondamentale que je veux la poursuivre et l'amplifier.



Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.