VendrediLecture, ce n'est pas qu'un hashtag

Antoine Oury - 24.03.2017

Interview - VendrediLecture - Vendredi Lecture - livres réseaux sociaux


C'est grâce à eux si la lecture figure chaque semaine dans les sujets les plus discutés sur Twitter : l'équipe de VendrediLecture travaille tous les jours pour donner toute sa place à la lecture sur les réseaux sociaux. À l'occasion de la présence d'une partie de l'équipe au salon Livre Paris, nous leur avons envoyé quelques questions par mail.

 

via la page Facebook de VendrediLecture

 

 

ActuaLitté : Quand et comment est né Vendredi Lecture ? Quelle était l'intention au départ ?

 

L'équipe de VendrediLecture : D’abord on dit VendrediLecture en un seul mot ou VL pour aller plus vite !

 

Donc VL a été créé en avril 2011 par deux blogueuses littéraires qui participaient à FridayReads, mais souhaitaient un événement francophone. La 1e semaine, il y a eu 42 participations. Nous sommes devenus une association loi 1901 en 2013. D’après nos statuts, notre but est d’encourager les discussions autour de la lecture sur les réseaux sociaux. Nous souhaitons que les gens parlent de leur(s) lecture(s), juste pour le plaisir, sans jugement, y compris avec de parfaits inconnus.

 

Quelle est l'équipe de VendrediLecture ?

 

L'équipe de VendrediLecture : 19 personnes de générations diverses, qui ne travaillent pas dans le livre, qui ont des goûts assez différents et réparties sur 3 pays.Toutes les infos sont ici : http://www.vendredilecture.com/l-equipe/

 

Comment voyez-vous l'avenir de VendrediLecture, quels sont vos projets ?

 

L'équipe de VendrediLecture : Nous empiffrer et conquérir le monde.

 

Nous tenons notre assemblée générale dimanche et nous en discuterons. De façon générale, nous avons envie de nous amuser autour de la lecture, avec les lecteurs, au gré de nos envies.

 

Vous avez investi le web pour promouvoir la lecture : que pensez-vous de la présence des éditeurs, et, plus largement de la chaîne du livre sur ce média ? Quelle(s) évolution(s) avez-vous pu constater ?

 

L'équipe de VendrediLecture : Rien de très original : les éditeurs se servent de plus en plus des réseaux sociaux pour réaliser leur promotion, avec plus ou moins de succès. On ne va pas se le cacher, certains ont encore du mal à aborder ce type de media, soit par méconnaissance ou par manque de moyens.

 

Mais globalement les grandes maisons ont toutes compris que l’interaction avec les abonnés est au cœur de la communication sur les réseaux sociaux. Ce qui n’était pas vraiment le cas il y a quelques années. Il y a vraiment eu des gros efforts faits à ce sujet.

 

Collage of Digital (Social) Networks

(Tanja Cappell, CC BY-SA 2.0)

 

 

Mais c’est également le cas d’autres acteurs : les bibliothèques dont certaines sont très dynamiques (proposent des conseils sur Twitter, font des LT de leurs conférences), les libraires, mais qui ont en général moins de temps, et divers sites thématiques.

 

Et certains auteurs parviennent à développer de véritables communautés de lecteurs (Sire Cédric, un participant régulier, Maxime Chattam, Tatiana de Rosnay). Il y a aussi Nikos Aliagas qui partage sa VL et Joyce Carol Oates qui participe à FridayReads. Il y a quand même encore beaucoup de crainte et de timidité de la part des auteurs sur les réseaux sociaux.

 

VendrediLecture, ce sont aussi des partenariats, des concours... Comment s'organisent ces opérations ? Des opérations marketing sont-elles organisées par des éditeurs avec Vendredi Lecture ? Si oui, impliquent-elles des rémunérations ?

 

L'équipe de VendrediLecture : Nous avons en général des partenariats le vendredi, c’est-à-dire que le partenaire (souvent un éditeur) offre des livres. Ils nous démarchent ou nous les démarchons, mais nous avons beaucoup de partenaires réguliers qui nous font confiance et nous contactent à l’occasion d’une actualité (comme la rentrée littéraire).

 

Nous organisons quelquefois un concours en été mais les livres proviennent alors souvent de nos propres bibliothèques (qui débordent). Pas d’autres opérations marketing (entretiens ou événements promotionnels), car VL est au service de la lecture et des lecteurs, plus que des éditeurs.

 

Nous n’avons aucune rémunération (sauf bien évidemment dans le cas des articles sponsorisés sur le blog, mais qui sont clairement indiqués). De façon générale, pas de mécène ou de subventions, les comptes de l’association sont consultables sur le blog. Il arrive heureusement que nous ayons quelques livres à nous partager entre nous.

 

Est-ce la première fois que vous vous trouvez au Salon du Livre de Paris ? Pourquoi cette présence ?

 

L'équipe de VendrediLecture : Nous sommes tous les ans au Salon depuis 2010, mais sans stand. Nous parcourons les allées à la rencontre de nos partenaires qui sont heureux de mettre une tête sur un prénom, de nos lecteurs qui sont ravis de nous découvrir (et d’ailleurs cette année nous proposons un RDV pique-nique le samedi midi dans la zone dédiée du Salon) et même de quelques journalistes curieux de savoir qui nous sommes.

 

Mais la première raison est de nous retrouver entre nous puisque nous habitons dans des zones très éloignées. Tout le monde ne fait pas le déplacement, mais c’est l’occasion de nous revoir une fois par an et de manger ensemble.

 

Qu'est ce que ça fait d'être en TT [Trending Topic, un sujet très discuté] chaque semaine sur Twitter ? ;-) De la pression ?

 

L'équipe de VendrediLecture : De la fierté, de la joie, de l’agacement quand on a plein de spams, cela reste toujours aussi étonnant.

 

Selon vous, quel est le meilleur réseau social pour parler de livres, de lecture et de littérature ?

 

L'équipe de VendrediLecture : Si je réponds « ça dépend des gens » ? Tout dépend si vous voulez faire court, faire long, discuter avec vos amis, avec des inconnus, avec des professionnels...

 

Quel est le pire tweet que vous ayez reçu ? Le meilleur ?

 

L'équipe de VendrediLecture : Le meilleur : Il n’y a pas vraiment de tweet qui sorte du lot. Certains tweets nous font chaud au cœur, d’autres nous font rire, d’autres nous font rager, mais tous sont importants pour nous. Ça fait un peu guimauve de le dire, mais c’est vrai.

 


 

En revanche, je peux vous citer le tweet le plus marquant : celui de Nicolas Sarkozy lisant L’Adieu aux armes d’Hemingway. Ce tweet a fait le tour du web (et des rédactions) et #VendrediLecture était partout.