Amazon agace (aussi) les magasins de briques et de mortier

Clément Solym - 09.05.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - Amazon - Target - Kindle


La chaîne de magasins Target a supprimé de ses rayonnages le Kindle d'Amazon, (voir notre actualitté) sanctionnant ainsi un comportement jugé irrespectueux vis-à-vis des revendeurs de briques et de mortier. Malgré ce sérieux revers (Target compte tout de même 1150 boutiques), Amazon semble bien décidé à faire de l'ombre aux acteurs traditionnels, notamment dans le domaine de l'habillement.

 

Le premier critère avancé pour expliquer ce désamour entre Target et Amazon est bien sûr la politique des prix agressive qu'applique celui que certains surnomment, aux États-Unis, le « Walmart du e-commerce ». Le retrait du Kindle résulte aussi d'une frustration : les magasins de briques et de mortier seraient assimilés par les clients et Amazon à des espaces d'exposition, où l'acheteur potentiel pourrait manipuler l'objet, avant d'aller l'acheter... sur Amazon.

 

Le spécialiste Joseph Feldman avance quant à lui l'hypothèse qu'Apple aurait pu faire pression sur Target pour éjecter l'indésirable Kindle des magasins.

 

 

Target a peut-être également vu d'un mauvais oeil la place grandissante d'Amazon dans la vente de prêt-à-porter en ligne, un secteur où le site de e-commerce est présent depuis quelques années. Si les produits de Target sont jusqu'à présent les plus sollicités (notamment par Jessica Alba et Jessica Simpson, ce qui apporte un plus marketing incontestable), Amazon ne ménage pas ses investissements.

 

Ainsi, il a considérablement revu le design et l'équipe de son site MyHabit.com, qui requiert une inscription en échange de prix préférentiels sur des vêtements de marque, voire de haute couture. Il faut dire que la fréquentation de la boutique en ligne n'a jamais vraiment décollé, les différentes marques étant rebutées par le côté « discount » d'Amazon. Politique des prix ou prestige de la griffe, il va falloir choisir.