Amazon et l'ebook à 9,99 $, "peut-être qu'ils ont raison" (Steve Jobs)

Clément Solym - 16.05.2013

Lecture numérique - Législation - conspiration - prix de vente - livres numériques


Depuis hier, l'affaire conecernant les gros éditeurs et Apple a pris un nouveau tour. En effet, en révélant la correspondance de James Murdoch, patron de HarperCollins, et Steve Jobs, chef de Apple, datée de janvier 2010, la société est mise dans une délicate position. Le PDG de la firme y détaille ses idées sur la commercialisation des livres numériques. Le noeud même du problème.

 

 


 

 

« Simplement, nous ne pensons pas que le marché de l'ebook puisse être couronné de succès avec un prix plus élevé que 12,99 $ ou 14,99 $ », explique Jobs. Et d'évoquer les pratiques commerciales d'Amazon, qui vendait alors les livres à 9,99 $, peut-être à raison, reconnaissait le PDG d'Apple, avouant d'ailleurs que son projet pourrait être voué à l'échec. « Mais nous sommes disposés à essayer les tarifs que nous vous avons proposés. Nous ne sommes pas prêts à essayer des tarifs plus élevés, parce que nous sommes certains que ce sera un échec. »

 

Faut-il y lire la fameuse entente entre les éditeurs et Apple, qui fait l'objet d'une procédure judiciaire depuis plusieurs mois maintenant ? Le Ministère de la Justice (DoJ), estime que ce courriel peut servir dans le cadre de la plainte déposée, en tant que preuve démontrant qu'Apple serait parvenu à gonfler artificiellement les prix de vente, pour saper la politique tarifaire d'Amazon. 

 

Or, HarperCollins fut le premier éditeur à signer le contrat d'agence avec Apple, peu avant que d'autres - les plus gros - ne se décident à signer, les uns après les autres. Et surtout, deux jours avant l'envoi de cet email, HarperCollins s'engageait dans la voie du contrat d'agence, permettant d'imposer aux revendeurs une fourchette tarifaire, avec interdiction de vendre les ebooks à un prix inférieur.

 

 

 

 

Le 3 juin doit démarrer le procès, et s'appuiera donc sur les témoignages des patrons de toutes ces maisons d'édition new-yorkaises. L'objectif des plaignants est de démontrer qu'éditeurs et Apple se sont arrangés ensemble pour parvenir à augmenter le prix de vente. Une conspiration qu'Apple dément depuis toujours. Cependant, l'ensemble des éditeurs impliqués a préféré signer le Règlement proposé par le DoJ, pour ne pas avoir à assumer les frais de la procédure. Apple se retrouvera donc un peu seule sur le banc des accusés.

 

Surtout que les différents PDG des sociétés seront appelés à la barre. Et à témoigner, donc, contre Apple. 

 

L'email est particulièrement embarrassant dans le contexte de cette affaire, présentant trois alternatives assez sévères, pour HarperCollins. Déjà, dans la biographie de Jobs, rédigée par Walter Isaacson expliquait : « Nous mettrons en place le contrat d'agence, où vous fixez le prix, et nous percevrons 30 %, et oui, le client va payer un peu plus, mais c'est bien ce que vous voulez, de toute manière. » 

 

 

  DOJ Motion of Facts and Law