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Amazon pointé par Greenpeace pour son opacité en matière d'environnement

Antoine Oury - 18.10.2017

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L'organisation non gouvernementale Greenpeace s'est intéressée aux appareils électroniques et à la manière dont ils sont produits, pour la 19e édition, déjà, de son « Guide to Greener Electronics ». Cette étude répertorie les principaux fabricants et leurs pratiques sur le plan de l'énergie, de la consommation de ressources et de l'utilisation des produits chimiques : dans le classement, Amazon se retrouve parmi les bons derniers.


Chemical
(photo d'illustration, Henrique Pinto, CC0 1.0)
 


La publication du Guide avait été interrompue en 2012, et Greenpeace a désormais étendu son champ d'études au-delà de la seule production de déchets électroniques, pour observer la consommation d'énergie et l'usage des ressources. 17 entreprises parmi les plus productrices d'appareils électroniques ont été observées par l'ONG, basées en Asie orientale, Amérique du Nord ou Europe.

 

Parmi ces 17 sociétés, seules deux atteignent la note B : Fairphone et, à la surprise générale, Apple, qui s'en tire avec un B- en note générale, mais un C, malgré tout, en consommation de ressources. 




 

Au rang de ses observations, Greenpeace remarque tout d'abord « le manque de transparence dans la chaîne d'approvisionnement » : « la plupart des sociétés publient peu d'informations sur leurs fournisseurs, gardant ainsi leur performance et leur impact environnementaux à l'abri des regards », ce qui est plutôt gênant pour évaluer l'aspect environnemental de leur activité. Seuls Fairphone et Dell fournissent des détails sur les produits achetés auprès de chaque fournisseur.

 

70 à 80 % de l'empreinte carbone des appareils électroniques que nous utilisons quotidiennement sont réalisés lors de la fabrication, note Greenpeace : c'est donc au fabricant et vendeur de rester vigilant sur ses pratiques vis-à-vis de l'environnement. Un certain nombre de sociétés ont déjà effectué une semi-transition vers les énergies renouvelables, note l'ONG, mais celle-ci concerne uniquement leurs bureaux et centres de données. Pour la fabrication en elle-même et l'approvisionnement, l'énergie reste « sale » et l'impact sur l'environnement important.

 

Les fabricants chinois de smartphones, qui couvrent un quart du marché mondial, pointent tous parmi les derniers du classement Greenpeace. Mais la multinationale Amazon pointe également sous la note F, en particulier pour l'absence de transparence vis-à-vis de son approvisionnement. Mais la société de Jeff Bezos n'indique pas non plus quels produits chimiques nocifs sont présents dans ses appareils ni quel volume de matériaux est recyclé...

 

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Si l'étude de Greenpeace concerne avant tout les ordinateurs, tablettes et smartphones, il ne fait aucun doute que les lecteurs ebook d'Amazon, les Kindle, sont eux aussi concernés par les sujets soulevés par Greenpeace. 

 

L'ONG s'inquiète enfin de la montée en puissance de l'obsolescence programmée, qui rend inutilisables des appareils pourtant fonctionnels en ne les mettant plus à jour : Apple, Microsoft et Samsung sont les champions dans ce domaine, tandis que Fairphone, HP et Dell s'en sortent mieux. Une pratique d'autant plus inquiétante que 65 millions de tonnes de déchets électroniques seront produites dans le monde en 2017, et seulement 16 % seront recyclés.

Le guide est accessible à cette adresse.