Amazon porterait préjudice au progrès dans l'industrie du livre

Julien Helmlinger - 26.03.2015

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S'exprimant ce mercredi lors de la conférence Nielsen BookInsights, à Londres, le président de la Booksellers Association, Tim Walker, a soutenu qu'Amazon était préjudiciable au progrès dans l'industrie du livre. Il s'inquiète de la domination du marché de l'ebook par le géant américain : « Nous estimons que Kindle dispose d'une part de marché de 95 % des ventes de livres numériques au Royaume-Uni et cela a un effet néfaste. »

 

 

 

Courbe des innovations 2014 - Gartner

 

 

Aux yeux du président de l'association de libraires, la firme de Jeff Bezos serait directement en cause dans les problèmes de Barnes & Noble et de sa gamme numérique Nook, de ceux de Txtr en Allemagne, ou encore dans la décision prise par Tesco de retirer ses billes de sa librairie numérique Blinkbox Books. Par ailleurs, il semble frileux à l'idée du développement des services de prêt d'ebooks.

 

Difficile d'être aussi tranché : la politique numérique de Barnes & Noble a connu des errements, et l'abandon de Blinkbox Books est surtout lié aux scandales financiers dont Tesco a été victime ces derniers mois. Autrement dit, Amazon ferait un parfait bouc émissaire, même si l'optimisation fiscale pratiquée par la société est avérée.

 

« Un tel développement doit être bien fait, ou il va faire du mal à l'industrie du livre », estime Tim Walker, ajoutant que les professionnels de la librairie en avaient malgré tout « fait beaucoup pour embrasser les nouvelles technologies ». Selon la célèbre courbe Hype du cabinet de consulting Gartner, une certaine déception quant aux promesses de l'ebook aurait cédé la place à une ère productive.

 

À noter qu'au cours de la conférence BookInsights, la société Nielsen Book, qui l'organisait, a annoncé que l'édition britannique s'était bien portée en 2014. Avec 2,2 milliards £ de ventes sur le marché du livre, celle-ci affiche une croissance de 4 % en comparaison à l'exercice de l'année précédente, pour livres papier et numérique. Le format dématérialisé représentant 30 % des ventes unitaires.

 

Avec un constat troublant : les ventes en ligne ont dépassé celles en magasins.

 

La conférence constituait aussi l'occasion de remettre en question les pratiques en matière de marketing. Verdict : le bouche-à-oreille serait à l'origine de 13 % des ventes, et ce type d'échange de préconisations de lecture aurait lieu hors de la sphère du web pour 90 % d'entre elles.

 

Selon Nielsen Media Services, les éditeurs n'auraient pas investi assez dans la publicité. « Seulement 0,67 % des recettes du livre sont réinvestis en publicité », précise le consultant Gavin McLauchlan, « ce qui est très faible ». Les livres pour enfants seraient le plus souvent achetés en boutiques physiques et supermarchés, quand les bibliothèques resteraient un des principaux lieux de découvertes.

 

(via The Bookseller)