Amazon Web Services : une gamme sur son petit Nuage

Julien Helmlinger - 15.01.2013

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L'analyste Ben Schachter, de l'entreprise australienne Macquarie Capital, estime à hauteur de 3,8 milliards de dollars les recettes que pourrait engendrer Amazon Web Services (AWS), gamme complète de services d'application et d'infrastructure basée sur le Nuage, pour l'année 2013. En comparaison, elles s'élevaient selon les estimations à 2,1 milliards en 2012, tandis qu'AWS avait mis huit années pour atteindre les 650 millions de chiffres d'affaires. Une progression qui souligne combien le géant de Seattle joue un rôle croissant dans le Cloud computing.

 

 

 

 

Ainsi, les services basés sur le Cloud pourraient bien constituer la prochaine grande cible de la firme de Jeff Bezos. Et tandis que la croissance d'AWS s'est reposée jusqu'ici principalement sur les PME et autres start-ups, la stratégie en 2013 devrait davantage mettre l'accent sur des structures plus importantes ainsi que sur les marchés émergents.

 

Différents défis se présentent face à Amazon dans le cadre de ce développement. Tout d'abord, la société devra répondre à des impératifs de fiabilité et rendre ses services plus résistants. Et comme elle s'est avancée sur un terrain que peu de développeurs ont éprouvé, elle risque d'avoir à faire cavalier seul.

 

D'après une interview de Jeff Bezos, accordée à la Harvard Business Review, Amazon se satisfait de ses faibles marges. La société considère que le potentiel d'Internet demeure à ce jour en grande partie inexploité. Pour elle, il s'agit donc de se positionner sur un marché d'avenir, ce qui devrait se révéler à terme plus important que des profits immédiats.

 

Cette approche se traduit par des avantages pour les clients de AWS, et comme l'exprime Brad Stone pour les concurrents il s'agirait d'un « triangle des Bermudes du business ». Les investisseurs portent si bien leur confiance en Amazon, qu'ils sont prêts à se contenter de faibles bénéfices en échange d'une simple promesse de gains ultérieurs. Et d'un point de vue concurrentiel, l'avantage des marges ridicules, c'est qu'elles ne rendent pas le marché attractif aux yeux des rivaux potentiels.

 

Reste à savoir si les compétiteurs sauront mettre à niveau leurs facilités d'utilisation et leur structure de coûts, avant qu'Amazon n'ait achevé d'optimiser sa fiabilité et sa sécurité.