Association L.I.R.E : quid de la lutte contre l’exclusion à Paris ?

Cécile Mazin - 09.03.2016

Lecture numérique - Usages - Association L.I.R.E - Anne Hidalgo Paris - petite enfance intégration


Voilà une quinzaine de jours, l’association L.I.R.E, lançait un premier cri d’alerte : la mairie de Paris décidait de couper sa subvention de 40 %. Une décision prise sans délai de prévenance, assurait l’association à ActuaLitté. « Nous passons doucement au nouveau de mobilisation supérieur, avec une pétition en ligne », nous précise cette fois Chloé Seguret, représentante du personnel de Livre pour l’Insertion et le Refus de l’Exclusion. 

 

 

 

La subvention versée d’un montant de 360.000 € l’an passé allait être amputée de 40 %, avait appris l’association : « Nous avons été prévenus en février d’une décision déjà actée, sans préavis. On nous répond pour le moment que le département n’est pas engagé sur le long terme, et qu’il n’y a jamais eu de garanties de montant. » Or, cette coupe franche et sévère laisse par ailleurs planer des doutes sur le simple devenir de la structure pour l'horizon 2017.

 

« Notre enveloppe s’achève début 2017. Et l’on sent bien que le département souhaite que nous puissions travailler sur nos fonds propres – ce qui est notre volonté. Nous demandons simplement de disposer d’un peu plus de temps, pour réorganiser notre travail. »

 

Depuis 17 ans, L.I.R.E à Paris a développé ses compétences et diffusé ses connaissances en France et dans plusieurs pays étrangers à travers ses publications et ses colloques dont la qualité est reconnue. Elle a mis ainsi en valeur l’implication de la Ville de Paris dans les actions sociales et culturelles intégrant les enfants et leur famille.

 

Interpeller les pouvoirs publics de Paris

 

Le recours à une pétition est un moyen supplémentaire d’obtenir le soutien du public, pour L.I.R.E, dédié notamment à la lecture pour la petite enfance. La coupe prévue représente 70 % des ressources dont l’association bénéficie à ce jour, et la fin de ce financement impliquera l’existence même de l’association. 

 

« Cette mesure nous a été notifiée brutalement alors que le planning annuel d’intervention en PMI a débuté et que nous avons recruté les effectifs nécessaires pour la mener. Elle nous contraint à prendre dans l’urgence des mesures drastiques et douloureuses : licenciements de 6 salariés sur 14 dans un premier temps ! »

 

L’association interpelle cette fois directement Bernard Jomier, adjoint chargé de la santé et par extension Olivier Frasseix, directeur de la Direction des Familles et de la Petite Enfance. « Puisque Anne Hidalgo a fait de la lutte contre l’exclusion la grande cause de sa mandature et qu’elle insiste sur le fait que l’accès à la culture est un facteur de lutte contre l’isolement social, nous demandons que la subvention soit maintenue dans sa totalité afin d’envisager positivement l’avenir de L.I.R.E à Paris et de ses salariés. »

 

La maire de Paris avait en effet présenté fin mai 2015 un Pacte parisien pour œuvrer contre l’exclusion. « Un objectif : construire un nouveau Pacte entre l’ensemble des acteurs des politiques de solidarité. » Ce dernier découlait de premières réflexions posées en septembre 2014, menées avec les acteurs de terrain. Ce Pacte avait été adopté au Conseil de Paris le 17 mars et ses actions ont débuté en 2015, pour une période de cinq années.

 


Anne Hidalgo présente le Pacte parisien de... par mairiedeparis

 

 

La fin de la subvention aurait notamment pour conséquence de contraindre l’organisation à « abandonner tout un travail développé dans la durée, toute une série d’actions transversales avec d’autres institutions du territoire (bibliothèques, centres sociaux…) dans l’accompagnement social et culturel des parents et de leurs enfants ».

 

Elle impliquerait également de « mettre fin à des actions développées dans le cadre de la politique de la ville dans des quartiers d’habitat social à forte densité de population immigrée »

 

On pourra retrouver la pétition de L.I.R.E à cette adresse.