Avec Spritz, découvrir le catalogue de l'éditeur Brandt, en un clin d'oeil

Antoine Oury - 27.11.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - éditeur Brandt maison - Pays-Bas extrait - lecture rapide promotion


L'éditeur néerlandais Brandt part d'un constat simple : malgré l'apparition des technologies de lecture numérique, le mode de lecture n'a pas bougé d'un iota. Les yeux vont toujours de droite à gauche (ou l'inverse), et reviennent à la ligne. Pour expérimenter à sa façon, la maison propose les extraits de tous ses livres en accès libre, en utilisant un logiciel de lecture rapide, Spritz.

 


Capture d'écran de la page du livre Bowie de Wendy Leigh, avec le lecteur Spritz

 

 

Le logiciel américain Spritz est un petit outil, qui présente un texte mot par mot, sur une seule ligne. Les phrases ainsi décomposées s'enchaînent à une vitesse définie par le lecteur. Les mouvements des yeux sont réduits à zéro, puisqu'il reste fixé sur un point précis, et la vitesse de lecture est considérablement améliorée. À son lancement, les créateurs de Spritz assuraient qu'il était possible de lire Guerre et Paix en une journée, pour la provoc'.

 

L'éditeur ajoute que 80 % du temps de lecture est monopolisé par les mouvements des yeux, augmentant également la fatigue après quelques dizaines de minutes de lecture. Il est possible de tester l'outil sur le site de Spritz, ou dans le catalogue de l'éditeur, sur la page des différents livres.

 

Trois psychologues de l'université de San Diego, devant la multiplication de ces outils de lecture rapide, avaient réalisé une courte étude, « Don't Believe What You Read (Only Once) ». D'après leurs conclusions, « Supprimer les mouvements des yeux de la lecture est précisément l'erreur fatale de ce type d'applications, et la raison pour laquelle elles seront inutiles, à moins de les utiliser pour des textes très courts et simples. »

 

La sentence reste à nuancer, dans la mesure où les sujets interrogés dans le cadre de cette étude, qui comparait la compréhension de lecteurs ayant la possibilité de revenir sur le texte, et ceux qui ne le pouvaient pas, n'étaient pas forcément rompus à la lecture rapide.