Barnes & Noble annonce le Nook dans 10 pays supplémentaires pour 2013

Clément Solym - 11.10.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - Barnes & Noble - Nook - William Lynch


Le PDG de Barnes & Noble William Lynch a mené une campagne de motivation auprès des investisseurs, considérant que les actions de la chaîne de librairies étaient sous-évaluées. Il a donc dévoilé quelques détails supplémentaires sur l'avenir de la société, et sur les prochains chemins qu'allait emprunter son appareil de lecture, le Nook.

 

Barnes and Noble

 

bclinesmith, CC BY-SA 2.0

 

Puisqu'il s'agissait d'impressionner les potentiels investisseurs, William Lynch a d'abord sorti de son chapeau le chiffre des précommandes du nouveau Nook, supérieur de 240 % à celui du dernier lancement en date. Une entrée en matière qui fait dans la subtilité, pour convaincre Liberty Media Corp, actionnaire à la hauteur de 17 % de Barnes & Noble, d'ouvrir les vannes à capitaux.

 

Le Nook est d'ailleurs au centre d'une campagne de promotion auprès des enseignants américains, pour populariser le lecteur au sein des classes. Une présentation dénoncée par la Fédération nationale des Aveugles, qui souligne que le Nook ne respecte pas les standards d'accessibilité. « D'ici à ce qu'il les adopte, dites à Barnes & Noble que ces appareils ne sont pas appropriés pour un usage pédagogique » a appelé le Dr Marc Maurer, président de la Fédération.

 

Lynch s'est ensuite attaché à valoriser son projet commun avec Microsoft, NookMedia LLC, dans lequel la firme de Bill Gates possède 17,6 % des actions. (voir notre actualitté) Entre les ventes de Nook et sa bibliothèque scolaire, Barnes & Noble s'attend à un chiffre d'affaires aux alentours de 3 milliards $. Le travail de promotion de Lynch a porté ses fruits, puisque l'action du groupe a pris 8,2 %, pour s'arrêter à un niveau proche des 15 $.

 

Outre le Royaume-Uni, où le Nook est disponible depuis quelques semaines, (voir notre actualitté) le lecteur ebook va s'arrêter dans 10 autres pays avant juin 2013, a expliqué William Lynch : si le numérique est à la pointe de la stratégie internationale de Barnes & Noble, le PDG a tout de même souligné que les librairies physiques incarnaient un marché « fort, dynamique et profitable ».

 

Mais le numérique, et l'ouverture de nouvelles plateformes de vente en ligne, semble bien l'objectif à court terme de Barnes & Noble : une façon de venir concurrencer Amazon sur un nouveau terrain, le reste du monde. Mais l'ouverture d'une nouvelle librairie en ligne s'accompagne également d'un risque de piratage commercial, par un achat détourné de livres français sur une plateforme étrangère, où le prix du livre serait moindre, et son prix unique inexistant.

 

Un marchand américain pourrait en effet proposer des ouvrages en français, pour ses clients américains, sans être pour autant soumis au prix unique du livre numérique. Or, en vendant des ouvrages numériques français à des personnes résidant sur le territoire français, il devra se soumettre à cette législation - où le prix de vente est imposé par l'éditeur. Mais que fera le consommateur dans ce cas ?