BitTorrent : 0,3 % de fichiers légalement présents sur le réseau ?

Clément Solym - 25.07.2010

Lecture numérique - Acteurs numériques - piratage - fichiers - bittorrent


En France, le MOTif a décidé d'entamer une veille autour du piratage de livres numériques en France, pour déterminer les tendances et les mouvements de ce secteur. Sauf qu'à l'heure des craintes exprimées par les majors des divers secteurs culturels, une étude donnerait de l'eau au moulin de ces gens, estimant que sur la masse de fichiers disponibles sur le réseau BitTorrent, seul 0,3 % seraient légalement disponibles.

Par conséquent, 99,7 % des fichiers, musiques, livres, logiciels, films, etc. seraient illégaux, conclurait-on, et tout un chacun de lever une armée de réservistes Hadopi pour lutter farouchement contre cette véritable infamie. En outre, l'étude australienne dénonce des fichiers mal identifiés qui s'avèrent n'être que des films pornos, chose d'autant plus décevante pour celui qui attendait la dernière version d'Inception...


Au final, conclut l'enquête, 89 % des fichiers sont authentiquement en pleine violation du droit d'auteur, et 11 % restent ambigus.

Pas si vite : déposez armes et boucliers, la réalité est peut-être un chouia plus nuancée..

Selon l'ICSL, responsable de cette étude, on compterait auprès de 17 trackers BitTorrent plus d'un million de fichiers : les logiciels représenteraient 2,3 % de cette masse et films et émissions TV plus de 70 %. Or, premier problème, le seul tracker OpenBitTorrent, cité parmi les trackers audités, contient plus de 2,5 millions de liens torrents à lui seul. Un isoHunt en dénombre plus de 5 millions...

On se gratterait la tempe d'incompréhension pour moins que cela, annonce clairement TorrentFreak, pour qui l'étude est tout bonnement ratée. Erreurs de diagnostics, mécompréhension de l'ensemble du réseau, classements hasardeux, autant de problèmes soulevés par le site qui conclut :
En fin de compte, cette étude académique est l'un des rapports les plus inexacts qu'il nous ait été donné de voir, et les médias dominants du secteur high-tech, soit n'ont pas passé suffisamment longtemps sur sa lecture, soir n'ont simplement pas les connaissances nécessaires pour lire et les résultats et en tirer leurs propres conclusions.

Lire l'étude pour se faire sa propre idée.