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Ce qu'on trouve quand on creuse : Projet Bradbury, semaine #6

La rédaction - 27.09.2013

Lecture numérique - Acteurs numériques - années 80 - Projet Bradbury - enfance


Si Ray Bradbury n'avait pas un jour dit « écrivez une nouvelle par semaine pendant un an et vous apprendrez votre métier d'auteur », Neil Jomunsi n'aurait jamais relevé un pareil défi. Il y a quelques semaines de cela, l'auteur évoquait sur le blog d'Actualitté un rêve qu'il avait fait et qui l'avait mis dans tous ses états, si bien qu'il s'était mis en tête de le raconter et même mieux, d'en faire toute une nouvelle. C'est donc ce texte que Neil nous livre aujourd'hui.

 

 

 

 

De quoi ça parle ? 

C'est une après-midi comme beaucoup d'autres qui débute pour Victor et Simon. Les champs s'étendent à perte de vue, il n'y a plus qu'à courir plus vite que le vent et à oublier qu'on grandira un jour. Mais une découverte impromptue va changer tous leurs plans. Sous la terre se cachent des secrets : quelquefois, il suffit de prendre le temps de se pencher pour les déterrer. 

Ce n'est pas dans les habitudes de l'auteur de raconter ses rêves : il considère en effet que même si d'apparence ils constituent un matériau idéal pour une narration fantaisiste, bien souvent ils ne sont que le fait d'un « scénariste un peu bourré qui fait n'importe quoi avec les unités de temps et de lieu » et qu'ils ne sont pas exploitables en l'état.

 

Mais cette nouvelle est bien évidemment l'occasion pour Jomunsi de revenir sur des thèmes qui l'intéressent tout particulièrement, par exemple la perte irrémédiable de l'enfance.  On grandit, c'est inévitable, et ce que l'on devient n'est pas moins intéressant... juste intéressant d'une manière différente. De nouvelles questions se posent et les rêves de l'enfant s'estompent au profit des espoirs de l'adolescent.

Avec le recul des corrections et des multiples relectures, il y a aussi peut-être dans cette nouvelle un peu de cet adolescent coeur d'artichaut que j'ai été, notamment au collège où je m'amourachais d'un regard, d'une couleur de cheveux, d'un sourire. J'étais de ce genre de garçon à tomber amoureux quatre fois par semaine. Quand je pense à cette période, je pense donc aussi à ces histoires fantasmées avec ces jeunes filles qui n'ont jamais été autre chose que des chimères dans ma tête, et qui ont forcément nourri mon imaginaire à un moment ou à un autre. Pas étonnant donc que le personnage de mon rêve… heu… je vais vous laisser découvrir.

Mais c'est aussi une occasion de faire l'inventaire des jouets qui ont bercé notre enfance dans les années 80, avec l'émergence des consoles de jeu et les figurines en plastique qui pulullaient dans nos coffres. Sur le blog cette semaine, Neil s'est même lancé dans un inventaire quasi exhaustif, où l'on retrouve entre autres les légendaires Puissance 4, Docteur Maboul, Mystères de Pékin et Musclor.

 

 

 

 

Et quand on demande à Neil si la Aurélia de son rêve a quelque chose à voir avec celle du flamboyant Gérard de Nerval, il répond : « J'aime le penser. J'ai toujours adoré Nerval et Aurélia est de loin mon texte favori. Peut-être Aurélia vit-elle à travers les siècles et les songes des écrivains, et qu'elle hante ceux qui veulent l'écouter ? Les rêves ne nous appartiennent peut-être pas tant que cela. »

 

Aurélia sous la terre est disponible à la vente chez AmazonSmashwords, iBookstore et Kobo (bientôt) au prix de 0,99€. On peut aussi devenir mécène du Projet Bradbury en s'abonnant à l'intégralité des nouvelles.

 

A noter également sur le blog cette semaine, un article de Neil sur la définition du mot "important" à travers le prisme de la création littéraire. Extrait :

Mille fois on t'a demandé ce que tu allais faire de ta vie. Ça a commencé par l'école, c'était une blague à l'époque, une question qu'on te posait sans réellement prendre la réponse au sérieux. Du coup, quand tu répondais que tu voulais devenir égyptologue, cuisinier ou pompier, on te jetait ce regard qu'on lance aux chatons. Les adultes dodelinaient et souriaient, bienveillants. Au collège, la conseillère d'orientation t'a remis sur le droit chemin : elle t'a expliqué à quel point tes rêves n'étaient que des rêves, et que les rêves ne sont pas là pour se réaliser, sans quoi où irait le monde ?

On retrouve tout cela, et bien plus encore, sur le blog du Projet Bradbury hébergé par Actualitté.