Ces algorithmes qui aident les consommateurs à trier les contenus (Pellerin)

Nicolas Gary - 05.11.2014

Lecture numérique - Usages - algorithmes recommandations - Fleur Pellerin - économie culture industrie


À l'occasion des Rencontres 2014 autour des enjeux cinématographiques, organisées par la Société civile des auteurs réalisateurs producteurs, la ministre de la Culture s'est déplacée à Dijon, pour un discours. La thématique était assez simple à comprendre : Quelle régulation peut encore enrayer la dépréciation du cinéma et de la Culture ? Tout un poème, dont la ministre a récité une bien étrange version. 

 

 

 

 

Une fois encore, c'est le numérique qui est mis en cause, pointée du doigt, alors que les problématiques rencontrées par l'industrie du cinéma sont certainement bien éloignées des préoccupations littéraires. Avec un trait plus que commun toutefois : « Dans le même temps, avec Internet, de nouveaux intermédiaires se sont imposés dans l'ordre économique. Dans l'audiovisuel, pour ne citer que lui, le pouvoir économique s'est déplacé : aujourd'hui, ce sont les distributeurs (FAI, câbles, satellites) et non les éditeurs (diffuseurs historiques) qui sont maîtres du modèle économique. »

 

Et bim. 

 

Mais l'intervention de la ministre a également été très remarquée. Si l'engagement du gouvernement est tout acquis à la cause du cinéma, le magazine Regards a saisi quelques éléments qui ne manquent pas d'intriguer. Si la ministre a renouvelé son souhait de voir émerger des « offres fortes facilement identifiables par le public », c'est avant tout pour mieux faire acheter ce qu'elle nomme plus volontiers contenus qu'œuvres. 

 

Les libraires noteront en revanche avec un scepticisme plus marqué la volonté de la ministre qui salue ces algorithmes de recommandation, que les structures américaines ont habilement su mettre en place et développer.

  

En effet, ces « algorithmes de recommandation, c'est justement pour aider les consommateurs à faire le tri dans la multitude et aller droit au contenu qui vont les intéresser ». Autrement dit, que la machine numérique vive de son plein gré et que les prescripteurs humains soient délaissés ? Une médiation culturelle qui se passerait de médiateurs n'aurait plus grand-chose à envier aux services fournis sur les pages de cybermarchands.

 

Elle n'a évidemment pas annoncé le souhait que ces outils numériques se substituent aux passeurs, mais l'intervention vaut, en tout cas, d'être entendue... Mais il ne s'agissait que de s'exprimer face à l'industrie du cinéma, pas devant le monde du livre.

 

L'intervention de la ministre commence aux alentours de 2h20, dans la vidéo :

 

 


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