Des étudiants tellement numériques pour leurs manuels

Clément Solym - 20.09.2012

Lecture numérique - Usages - Bookboon - Sondage - Livre numérique


L'éditeur numérique Boookboon a lancé il y a tout juste une semaine une infographie promotionnelle pour un sondage réalisé auprès des étudiants américains, révélé par le Digital Reader. Et dans l'apparent flou artistique des données brutes, après avoir mis un peu d'ordre, il s'est avéré que 58 % des 2164 étudiants questionnés, ont dit préférer l'emploi de manuels numériques pour étudier, plutôt que le papier.

 

Mais l'affichette ne donne pas plus détails sur les conditions de la réalisation de ce mini référendum. Les enquêtes précédentes signifiaient a priori la même prévalence et en comparaison avec les autres enquêtes du même genre réalisées au Royaume-Uni cette popularité n'est plus nouvelle (voir notre actualitté). Quant aux adultes le pourcentage de ceux qui ont acheté un livre électronique a quasiment triplé depuis février 2011.

 

En France, les sondages qui démontrent une préférence pour l'ebook sont peu convaincants et ne sortent pas de nulle part, mais de site pro-livres numériques, mais une récente étude réalisée par REC+ (GfK), montre des résultats réconfortants pour les lecteurs tradis avec 98 % des Français cochant la case livre papier (voir notre actualitté). L'avenir rendra-t-il raison à la susdite réalité ?

 

Il faudrait valoriser pour cela la particularité française, puisque de l'autre côté de la Manche en tout cas, une enquête de Bowker sur le même sujet a montré au printemps dernier, l'usagecroissant de ces autres supports pédagogiques. Il faudrait donc peut-être cesser de dire que le phénomène est nouveau, bien plutôt, qu'il n'est pas universel. Idem pour une enquête de ebrary, montrant que la moitié des étudiants des collèges britanniques et non plus seulement dans l'enseignement supérieur, lisent des ebooks. Cependant, ce pourcentage reste inconnu, ne couvrant pas non plus le nombre d'achats d'ebooks. Faire un sondage sans publier le pourcentage terminal, cela ne semble plus biaisé, mais pour ainsi dire absurde.

 

Concernant l'enquête de Bookboon, elle présente un souci majeur, n'incluant pas dans les éléments de réponse l'option " emprunté en bibliothèque ". Difficile de faire l'impasse sur ce moyen de procuration des documents pédagogiques, à plus forte raison dans le domaine estudiantin. Quoi qu'il en soit, la raison pour laquelle les étudiants préfèrent soit le papier, soit le numérique, est la même dans les deux cas, plus « facile à lire », pure question de commodité plastique en somme.