Ebook et modèle économique : l'écran n'est pas en lutte contre l'écrit

Clément Solym - 19.03.2011

Lecture numérique - Acteurs numériques - ebook - vendre - commercialiser


La première conférence professionnelle à se dérouler sur l’espace Scène numérique du Salon du livre concernait le modèle économique du livre numérique. L’occasion d’approcher de plus près la manière dont les acteurs de la chaîne envisagent la commercialisation de ces nouvelles oeuvres. Sans empiéter sur ce qui existe déjà.

François GÈZE, P.D.G. des éditions La Découverte, a ouvert le bal. « On ne peut pas parler d'une filière du livre numérique qui viendrait remplacer une filière papier », tout simplement parce que pour le moment, il n’existe pas de modèle économique dans l’industrie. Aujourd’hui, rien n’est fixé, entre éditeurs, auteurs, ni libraires : tout le marché se construit et les rémunérations des uns et des autres restent fluctuantes.

D’autant que si le papier suffit à créer une économie en permettant de rembourser les investissements réalisés, le livre numérique, pour sa part, en est encore très loin.


Pour l’heure, les solutions sont multiples, comme le téléchargement, ou le cloud computing tel que le propose Google. Rien d’assuré ni de figé, et dans tous les cas, l’expérimentation prime encore. D’autant plus qu’à ce jour, le prix des ebooks est déterminé dans un écosystème qui ne sait pas encore où il va. Et si l’on prend en plus la TVA à 19,6 %, et non 5,5 % comme pour le livre papier, cela complique encore un peu plus la situation.

Mathieu de Montchalin, vice-président du Syndicat de la librairie française, est clair : d’abord, le nombre de livres numériques disponibles va augmenter massivement, et à ce titre, estime-t-il, le rôle de médiateur assuré par le libraire sera de plus en plus important. « Nous [les libraires] n'inventerons aucune solution technique, mais nous n'avons peur d'aucune solution technique », assure-t-il.

La bataille de la commercialisation sera impossible à mener seul : l’appui de tous est indispensable. Et l’apport du libraire dans ce contexte sera plus que jamais une force. Pour 1001libraires, dans lequel Montchalin est impliqué, qui a annoncé son lancement, désormais pour avril prochain, après de multiples différés, les libraires n’ont pas un sentiment d’exclusion, mais plutôt un pressentiment de la difficulté que l’on va traverser.

Mais d’où vient l’angoisse, dans ce cas, si les libraires sont prêts à essayer les futures technologies, ou celles actuelles ? Pour David Lacombled, directeur délégué à la stratégie de contenus chez Orange, le service Read & Go ne se substituera jamais à celui d’éditeur. Le but est de vendre des oeuvres numériques, exclusivement, et de « promouvoir de nouvelles formes de consommation ». Dans ce contexte, il précise que « l’écran n'est pas en lutte contre l'écrit ».

Cependant, il avoue que les mutations qu’implique le livre numérique puissent rendre tout le monde nerveux. Tout le monde, éditeurs comme libraires doivent pouvoir trouver leur compte dans l’aventure Read & Go. Pour anxiogène que soit la période actuelle, il faut surtout croire en l’avenir.

François Gèze conclura cette conférence avec un chiffre intéressant : « 98 % des revenus du livre numérique vient aujourd'hui des revues. »

Et un grand merci à l'aide avisée de SoBookOnline




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