Ebooks : de la sueur, du sang, des larmes... et de l'encre électronique

Clément Solym - 23.04.2015

Lecture numérique - Usages - livre numérique - Amazon vente - commerce internet


Soucieux de rester en bons termes avec les éditeurs américains, Amazon a cédé, à des conditions inconnues, aux demandes. Après le conflit avec Hachette Book Group, le revendeur a connu quelques déboires avec les autres groupes. Tous se sont résolus, certes, mais Forbes ouvre la perspective d'un autre problème inattendu.

 

 Kindle3 Kindle Fire

Zhao !, CC BY 2.0

 

 

Maintenant, Amazon n'a plus la possibilité de fixer le prix de vente des livres numériques, conformément aux accords contractuels passés avec les éditeurs. Ces derniers établissent un tarif public, et le revendeur ne peut que leur conseiller d'établir le prix le plus attractif pour les consommateurs. 

 

Au cours de l'affrontement avec Hachette, la question du prix de vente était centrale, et pour faire céder le groupe, la firme de Jeff Bezos avait opté pour différents moyens de pression. La protestation de 900 auteurs directement concernés par ces mesures, ou simplement solidaires, n'a pas forcément fait pencher la balance. Cependant, en novembre 2014, Hachette parvient à disposer du prix de vente selon sa volonté. 

 

Si l'accord passé avec HarperCollins n'est pas identique à celui de HBG, peu s'en faut. Bien entendu, les clauses n'en sont pas divulguées, mais chacun semble plutôt satisfait. 

 

Bezos a toujours plaidé en faveur d'un tarif de 9,99 $ pour les ebooks vendus, considérant que c'était là le prix optimum de vente. Pour les éditeurs, cette posture ne tient pas la route, et tend à déprécier le véritable prix – celui qui reflète au mieux le labeur des auteurs. Et d'ajouter que, pour créer un fichier numérique, de nouvelles mesures de contrôle sont à mettre en place.

 

Autrement dit, réaliser un fichier numérique n'implique pas une diminution stricto sensu des charges de la création. 

 

Si HarperCollins a obtenu la fixation du prix de vente de ses livres, cette situation entraînerait dans une impasse pour l'avenir. D'un côté, l'éditeur se retrouve en position de force, contraignant à appliquer son tarif. Mais de l'autre, Amazon a certainement prévu des ripostes : pour exemple, appliquer un prix fixe pour certains livres, afin d'obtenir que d'autres soient remisés. Et les méthodes de pression ne manqueraient pas.

 

La paix entre Amazon et ses partenaires éditeurs semble donc plutôt fragile. Si pour l'ensemble de son catalogue, l'éditeur accepte de pratiquer des prix plus bas, le compromis ne semble pas faramineux. En réalité, le statu quo actuel ne laisse pas présager que la question soit réellement réglée. Amazon n'a pas pour habitude de laisser les choses s'installer dans une tranquille routine.

 

Le numérique servant de produit d'appel, plus encore que le livre papier, difficile de se séparer d'un pareil atout pour conquérir de nouveaux clients, et fidéliser les anciens.