Espagne : le livre numérique secourt des ventes papier en baisse

Antoine Oury - 06.06.2013

Lecture numérique - Usages - livre numérique - Espagne - étude Gfk


L'institut Gfk a mené une étude sur le marché du livre numérique en Espagne, qui permet d'évaluer son niveau en 2012 et d'anticiper celui de 2013 et des années à venir. Dans un pays où l'édition est clairement en crise, l'ebook apparaît comme un moyen de maintenir un volume de vente suffisamment intéressant, même si la valeur ne suit pas encore. Et pourrait bien constituer une bouée de sauvetage pour les librairies physiques.

 

 

Libreria San Gines

La librairie San Gines de Madrid, Raúl A.-, CC BY-ND 2.0

 

 

David Peman, manager chez Gfk Books, n'y va pas par 4 chemins : « 2012 fut l'année du développement de l'ebook en Espagne », affirme-t-il pour commencer son analyse de l'étude sur Actualidad Editorial. Sûr qu'avec une multiplication par 6 des ventes, de 2 millions € en 2011 à 12 millions € pour 2012, il eut été difficile d'affirmer le contraire.

 

Sans surprise, une baisse des prix du livre numérique va de pair avec cette hausse des achats : le prix moyen tourne désormais autour de 8,5 €, et devrait se stabiliser à 7,8 € en 2013. Soit deux fois moins qu'en 2011, où le prix était à peine plus bas que celui d'un exemplaire papier, à 14 €. Par ailleurs, l'étude salue l'effort des éditeurs espagnols, avec près de 30.000 références numériques désormais disponibles sur le marché.

 

Le taux de pénétration des appareils de lecture est encore faible : 5 millions de machines (readers et tablettes confondus) pour 46 millions d'habitants, et le marché reste donc prometteur, notamment pour les formats courts : les Espagnols sont friands de smartphones.

 

Indéniablement, le mérite de l'étude est de laisser la porte ouverte aux libraires : si elle note l'arrivée des géants du Web Amazon, Google et autres Apple, elle souligne également que les Espagnols achètent relativement peu en ligne. Le poids du e-commerce approche ainsi les 7 % sur le commerce global du pays : aux librairies physiques de saisir leur chance, et de monter des partenariats comme il s'en fait désormais beaucoup en Europe et dans le monde (Kobo et les indés aux États-Unis, Bookeen et les libraires en France).

 

D'autant plus que le livre dématérialisé semble prendre le relais du livre papier, coûteux à produire et bien trop cher pour tenter le pays. Sans oublier le marché hispanophone, qui court jusque l'autre côté de l'Atlantique, et qui pourrait permettre aux éditeurs comme aux libraires de démultiplier leurs ventes : il y aurait plus de 500 millions d'hispanophones dans le monde...