Force, sabre laser et véhicules spatiaux : sciences en folie avec Star Wars

Nicolas Gary - 16.12.2015

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C’était le moment où jamais : la folie Star Wars prend contrôle de chacun depuis des semaines. Et cela risque de durer encore. Roland Lehoucq a ainsi décidé de s’emparer de la force, pour creuser les sujets scientifiques soulevés par les différents films. Son livre, Faire des sciences avec Star Wars, a été publié une première fois en 2005, et voici qu’il revient, dans une édition revue, enrichie et augmentée. 

 

 

 

L’objectif n’est pas « de trier le vrai du faux », assure l’auteur, pas plus qu’il ne part en guerre contre les incohérences ou la part de rêve « inhérente à toute œuvre de fiction ». Non, au contraire : avec cet ouvrage, l’occasion est donnée de puiser dans l’univers de Star Wars pour explorer des champs scientifiques mal ou peu connus. Tout simplement parce que personne n’explique comment fonctionne un sabre laser, pas plus qu’on ne comprend comment fonctionne l’Étoile de la mort. 

 

Dans les films de Lucas, le réel est pourtant bien présent : « Par exemple, le costume de Dark Vador s’inspire de la tenue médiévale des samouraïs tandis que son casque présente des similitudes avec au casque allemand de la Première Guerre mondiale, le pistolet blaster de Han Solo n’est autre qu’un Mauser C96 auquel a été rajouté un cache-flamme et une lunette de précision, le bruit que font les chasseurs TIE n’est pas sans rappeler celui des chasseurs allemands Stuka, le cockpit du Faucon Millenium ressemble à celui d’un bombardier américain B29, etc. »

 

Chose magique, les éditions du Belial proposent de télécharger gratuitement de télécharger l’ouvrage, en formats PDF, MOBI ou EPUB.

 

Alors, la Force ? 

 

Retenons le point essentiel de la définition que nous donne Obi-Wan Kenobi : la Force est une entité physique qui remplit tout l’espace et relie toutes choses. De ce point de vue, la Force n’est pas uniquement un moyen de réaliser quantité d’actions amusantes, comme déplacer un vaisseau spatial embourbé ou ratatiner quelques droïdes de combat, elle plonge aussi ses racines dans les plus anciennes interprétations du monde. Elle rappelle notamment la quintessence, le fameux cinquième élément dont Aristote remplissait les cieux pour compléter l’action terrestre de l’air, de la terre, de l’eau et du feu.

Cette quintessence avait de bien étranges propriétés : elle était incréée, inaltérable, invisible, omniprésente. Élément d’une autre nature que celle des quatre éléments terrestres, elle traduisait la profonde différence entre la Terre et le Ciel. Objet de discussion et de réflexion pendant près de deux millénaires, on renonça à la quintessence au XVIIe siècle, en même temps que fut abandonnée toute la physique d’Aristote. 

 

Non, mais sérieusement ? 

 

Ainsi, quand Yoda soulève le chasseur de Luke pour l’extraire du marais de Dagobah, tout se passe comme s’il était capable d’annuler, et même d’inverser, la gravité de la planète juste sous le chasseur de sorte qu’il « tombe vers le haut ». La situation se répète quand Luke s’entraîne à contrôler la Force en soulevant sans contact de grosses pierres ou le droïde R2D2. Mais alors, si la Force n’est rien d’autre que la gravitation, pourquoi la nommer différemment et faire tout ce foin autour d’elle ? Non, il doit y avoir une autre explication. 

 

Planète océans, et autre question de géologie sont passées en revue, examinant la possibilité de ces planètes typiques de l’univers space opera. Et ce n’est évidemment pas tout.

 

Le professeur Lehoucq est un spécialiste ès bullshit dans les films de SF (et accessoirement astrophysicien au Commissariat à l’énergie atomique de Saclay et président des Utopiales, le festival international de science-fiction de Nantes). Il décortique chaque trimestre dans les colonnes de Bifrost les dernières productions d’Hollywood pour démêler le vrai du faux, le crédible de l’incongru, la science de la pseudo-science.