Hadopi s'intéresse au marché du livre numérique

Julien Helmlinger - 29.03.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - Hadopi - Livre numérique - Etude de marché


En attendant une éventuelle fusion avec le CSA, et l'aboutissement du projet de Loi Création, retardé, la Hadopi poursuit sa politique d'appels d'offres à destination des prestataires extérieures qui versent dans la réalisation d'études statistiques. L'une de ces commandes portait dernièrement sur les effets produits par les mesures de blocage à l'encontre des plateformes pirates, quand ce mercredi, une autre ciblait plus précisément le marché de l'ebook. La Haute autorité s'intéresse aux usages et attitudes des lecteurs, comportements licites comme illicites, ainsi que leurs perceptions et attentes concernant la lecture dématérialisée.

 

 

 

 

 

Malgré les données que la Hadopi aura pu glaner à l'occasion du Salon du livre de Paris, estimant dans un sondage farfelu qu'un livre sur deux serait piraté, l'organe commande plus de chiffres. Cela dit, on le comprend : laisser de pareils chiffres traîner sur les réseaux, c'est faire tout autant le jeu de l'Hadopi. L'appel d'offres lancé ce mercredi concerne une étude sur le marché français du livre numérique, qui devra durer dix mois et dont la rémunération sera plafonnée à 55 000 euros hors taxes.

 

Selon l'appel d'offres publié au Bulletin officiel des annonces des marchés publics, il s'agira d'évaluer qualitativement et quantitativement les « usages (licites et illicites) et attitudes des lecteurs à l'égard du livre numérique, leurs perceptions et attentes vis-à-vis de l'offre de livres numériques et les leviers et freins éventuels au développement de la lecture de livres dématérialisés, dans ses différentes composantes (offre, terminaux, attentes des lecteurs en matière d'usages etc.) ». 

 

Réputée comme étant davantage axée sur les marchés de l'audiovisuel et la musique, filières transmettant les procès-verbaux qui alimentent le dispositif de riposte graduée, plutôt que sur le livre qui n'y participe pas encore, la Haute Autorité conserverait néanmoins un oeil rivé sur l'ebook.

 

Durant le Salon du livre, l'interprofession a d'ailleurs donné des éléments sur la lutte contre le piratage en France. Une solution reposant sur la technologie de Hologram Industries a été privilégiée, et un accord-cadre a été signé par le SNE avec la société. Une mutualisation de la solution et des catalogues est proposée pour que chacun puisse accéder dans les meilleures conditions financières à cette offre. 

 

« Pour trouver le contenu illégal, vous allez faire une recherche avec le nom de l'auteur, le titre du livre, avec un nom de format favori, avec un nom de cyberlockers précis, parfois », explique Marc Pic. En espérant que cela ne créé pas de vocations... (voir notre reportage au Salon)

 

Viser l'hébergeur en premier est toujours plus efficace, d'après Marc Pic (Hologram Indistries) : « Si le contenu est effacé chez l'hébergeur, il reste un grand nombre de liens sur des sites indicateurs qui vont mener vers cet élément absent, ce qui va créer un effet de déception chez l'utilisateur. »


Une donne qui serait susceptible de changer, selon les chiffres ?  (via PC INpact)