Inde : le e-commerce sous surveillance avec l'indésirable Amazon

Clément Solym - 21.09.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - Amazon - Kindle Store - protectionnisme


Alors qu'Amazon poursuit tranquillement son implantation sur le territoire indien, le gouvernement de Manmohan Singh, le Premier ministre du pays, pourrait bien lui imposer des conditions synonymes d'exclusion du marché pour le site de e-commerce. Le protectionnisme, pire ennemi de la tradition monopolistique ?

 

 

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Ajay Tallam, CC BY-SA 2.0


 

Le ministère du Commerce et de l'Industrie indien vient de communiquer les principales mesures à venir pour les prochaines années : le ton est donné, et celui-ci sonne comme un protectionnisme percutant vis-à-vis des sociétés étrangères. Ainsi, les structures alimentées par des investissements étrangers (Foreign Direct Investment, FDI) ne pourront plus vendre leurs produits via Internet.

 

Amazon a déjà posé un pied en Inde avec sa filiale Junglee, un opérateur local qu'il s'est offert en 1998. Ce n'est qu'en début d'année qu'Amazon s'est risqué à prendre lui-même les devants auprès de la population, une fois le terrain préparé. (voir notre actualitté) Fermeture imminente du Kindle Store ? Le site de e-commerce n'en est pas encore là, et dispose de plusieurs mois avant que la mesure ne soit effective.

 

La négociation serait néanmoins rude, surtout que le gouvernement indien, sous la pression de l'opposition et des nationalistes, a assuré ses arrières : les revendeurs étrangers ou alimentés par des investissements étrangers devront se fournir auprès de marchands locaux, pour un minimum de 30 % de leur stock pendant leurs 5 premières années de présence sur le territoire.

 

Les propositions pourraient en tout cas sévèrement calmer le jeu des e-commerçants, dans un pays où 52 millions d'individus sont connectés. Y compris les entrepreneurs locaux, qui ne pourraient pas recourir aux investissements étrangers, ce qui freinerait considérablement leurs perspectives de développement.

 

« J'espère que les géants comme Amazon vont attendre que le marché se développe avant d'entrer en Inde par une acquisition ou à partir de zéro », explique un employé d'une société dotée d'un capital-investissement, autre possibilité pour accumuler des fonds propres, elle aussi concernée par les nouvelles restrictions commerciales.

 

Difficile de croire qu'Amazon va faire marche arrière sur un marché aussi prometteur que l'Inde : l'instabilité politique du Parlement indien, ainsi que les moyens de pression que constituent les promesses d'emploi, pourraient bien lui permettre de participer librement à la grande fête dont on essaye de l'exclure.