Italie : le futur du livre numérique et des éditeurs en question

Clément Solym - 07.02.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - livres numériques - ebooks - Italie


L'Association italienne des Éditeurs (AIE) fait , en ce début février, un constat sans appel : la majorité des livres publiés dans le pays (entre 75 et 77 %) et disponibles au format numérique, sont piratés. On craint alors que le développement du marché du livre numérique n'entraîne logiquement une explosion du piratage.

 

« Si les investissements actuels des entreprises n'ont pas de retours, de fait, le risque serait que le marché soit mort avant même d'être né », affirme le président de l'AIE, Marco Polillo.

Un amendement proposé par le député Ligue du Nord Giovanni Fava proposait que les juges ne soient plus les seuls à autoriser la suppression d'un contenu illicite sur Internet. Cet amendement, voté par la Commission adéquate à la Chambre des Députés, n'a cependant pas été adopté au Parlement. Ces derniers développements n'ont pas été de très bons signes pour Marco Polillo.

 

Le Michel-Ange sceptique...

 


La révolution du livre numérique a déjà commencé en Italie. Le Kindle, pour ne citer que lui, a connu un franc succès. Deux semaines après son lancement, il était devenu le produit le plus vendu sur l'antenne italienne d'Amazon.

La convention « Par-delà du livre » (If Book Then) à Milan les 2 et 3 février 2012 était l'occasion pour tous les acteurs du secteur de réfléchir à l'avenir du livre numérique en Italie. Il semble clair que l'Italie ne peut plus rester sur ses gardes : « Nous avons déjà perdu trop de temps », affirme Riccardo Bagnato, de la Repubblica.

 

Au cours de cette convention, l'Italie reconnaît un retard dans la circulation des ebooks sur sa Toile, mais aussi des tablettes et lecteurs nécessaires à leur lecture. 0,5 % du marché total des ebooks se réalise en Italie, près de 80 % aux États-Unis. L'Italie compte avant tout s'imposer face à ses partenaires du Vieux continent : l'Angleterre est à ce titre leader européen, avec 7 % du marché.

L'écrivain et blogueur Vincenzo Latronico admet qu'il télécharge volontiers, pour des raisons qu'il estime suffisantes.

 

Mais la question du droit d'auteur n'est pas vraiment ce qui le chagrine. Adepte du texte original, il télécharge souvent des romans en anglais, qui mettraient trop de temps à être traduits en Italie. « Il est très probable qu'à la longue, l'écriture devienne pour moi aussi une activité non rémunérée, et maintenue par un patrimoine personnel […], plus aléatoire, probablement plus diffuse, et certainement plus libre ».

 

À méditer...