Kindle ou iBooks : les smartphones cristallisent la guerre du livre

Clément Solym - 08.10.2014

Lecture numérique - Tablettes - smartphones lecture - Britanniques ebooks - applications livres


Les livres de papier ne mourront pas, en dépit de ce qui avait pu être prédit lorsque le premier Kindle a surgi sur le marché du livre. Au Royaume-Uni, Amazon a pris une place prépondérante sur le secteur de l'ebook, mais le marché du mobile est devenu un nouvel enjeu dans ce développement du marché. Selon une étude de Publishing Technology, 43 % des consommateurs britanniques ont utilisé leur smartphone pour lire des ebooks.

 

Old & New

Douglas Cootey, CC BY ND 2.0

 

 

Les clients ont donc lu tout ou partie d'un ebook sur leur mobile, et on constate une augmentation de 66 % des lecteurs, passés au numérique, qui privilégient leur smartphone pour lire. Bien entendu, les appareils d'Apple sont des choix privilégiés : 40 % des 3000 personnes sollicitées assurent disposer d'un iPhone pour leurs lecteurs, quand Samsung est deuxième au classement.

 

Dans l'ensemble, 50 % des consommateurs britanniques se sont servis de l'application Kindle pour lire sur leur appareil, contre 31 % pour iBooks – donc l'application réservée aux possesseurs d'iPhone. Les plateformes Kobo et Nook arrivent en 3e et 4e position dans ce classement. Cependant, chez les jeunes de 18/24 ans, Kindle et iBooks sont très serrés : 41 % d'entre eux se servent de la solution Amazon, contre 39 % de celle d'Apple.

 

Michael Claims, directeur général de Publishing Technology souligne que « les smartphones sont de plus en plus utilisés comme dispositifs de lecture de livre, mais jusqu'à maintenant, on savait assez peu sur quel appareil, et comment les utilisateurs se servaient de leur mobile ». 

 

Cette hausse de popularité chez les lecteurs fournit à l'industrie du livre une claire indication de ce qu'attendent les clients. « Cependant, les fournisseurs de technologies et les fabricants seraient bien avisés de prendre en compte l'insatisfaction des consommateurs dans leur expérience client, à travers la lecture sur mobile. » Les résultats de l'étude indiquent en effet que les temps de lecture sont assez courts, avec des œuvres brèves majoritairement lues. Si les phablets se propagent, il est possible que le désagrément s'inverse, alors que les appareils deviennent plus confortables. (via Telegraph)

 

Saisir les jeunes adultes au poignet

 

En revanche, ce que n'indique pas l'étude, c'est que l'utilisateur de smartphone dégaine facilement son appareil dans les périodes de creux – attente, métro, etc. – ce qui expliquerait plus facilement la lecture de textes brefs. 

 

Sur l'année 2013, les consommateurs britanniques ont dépensé 2,2 milliards £ pour acheter des ouvrages papier, contre 80 millions £ pour des ebooks. Et les statistiques dévoilées par la Publishers Association, montre que l'augmentation des ventes d'ebooks n'est que de 4,8 % d'une année sur l'autre, alors que les Hardcover sont en hausse de 11,5 %.

 

Ce que l'on retiendra, dans tous les cas, c'est que la guerre de l'ebook se déroule bien entre Apple et Amazon, avec une cible à privilégier chez les 18/24 ans. Si l'avantage va certainement à Amazon, n'oublions pas qu'Apple ne s'est lancé dans l'aventure que bien plus tardivement, avec moins de services – comme l'autopublication, bien moins développée que chez Amazon. 

 

Même si les iPhones sont les smartphones favoris des Britanniques, l'enquête indique bien que les applications développées par Amazon, pour être disponibles sur tous les appareils Android ou iOS, confèrent un avantage certain à Jeff Bezos et ses équipes. Avec l'arrivée d'iPhones plus grands, cette avance du Kindle ne sera pas spécialement rognée : seule solution, développer iBooks pour toutes les plateformes ?