Oyster, le Netflix de l'ebook, fermera ses portes dans quelques mois

Nicolas Gary - 22.09.2015

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Oyster s’est lancé voilà deux ans, avec l’intention de « façonner une meilleure manière de lire sur mobile », explique l’équipe. L'offre d'abonnement de lecture, en illimité s'est largement débattue, pour se faire une place. Et si ce projet semble avoir été en grande partie atteint, le bilan que formule la société n’augure en fait qu’une chose : le projet s’arrête. 

 

 

 

« Nous croyons plus que jamais que le téléphone sera le dispositif de lecture premier à l’échelle mondiale, au cours de la prochaine décennie – permettant un accès à la connaissance et des histoires, à des milliards de personnes à travers le monde », poursuit la team Oyster sur son blog.

 

Sauf que l’équipe prendra des mesures, dans les prochains mois, pour accompagner la fin de son offre, découvre-t-on, sans avancer aucune raison. Les abonnés recevront un email précisant ce qu’il adviendra de leur compte, d’ici à quelques semaines. Durant cette période, le service Oyster continuera de fonctionner normalement – et l’on acceptera d’étudier toute demande de remboursement.

 

La société compte parmi les premières à s’être lancée sur l’abonnement illimité, avec d’autres opérateurs comme Scribe ou Kindle Unlimited. 

 

Un porte-parole de Google a confirmé qu’une partie de l’équipe allait rejoindre Google Play Books – et selon certaines sources, le PDG, Eric Stromberg et les cofondateurs Andrew Brown et Willem Van Lancker en font partie. Pour l’instant, personne n’arrive à déterminer s’il s’agit d’un achat des technologies ou de la matière grise qui a fait la société Oyster. (via Re/Code)

 

Pourtant, l’équipe assurait encore au mois d’avril qu’elle avait une vision sur le long terme. Elle promettait même avoir l’ambition de devenir l’Amazon des prochaines années, et d'amorcer la nouvelle vague de la lecture numérique. Est-ce chez Google que Oyster parviendra à réaliser cette transition ? Cette question est sur toutes les bouches : pour l’heure, non seulement la vente d’ebooks est moribonde sur Google Play Books, mais surtout, Google n’a toujours pas lancé son service de lecture illimitée. 

 

Le million de titre n'était pas suffisant

 

Par ailleurs, la structure, fondée en 2012 et lancée en septembre 2013, avait levé 20 millions $ en investissements. Google a également confirmé qu’il rembourserait les investisseurs, à la hauteur de 17 millions $ pour avoir le droit d’engager une partie du personnel. 

 

Un premier revirement s’était amorcé en avril, lorsque la société s’est mise à vendre des ebooks à l’unité, dans l’espoir d’attirer plus de clients. Cette vente à l’acte sur Oyster venait pallier les absences du catalogue de l’offre illimitée. Ainsi, un lecteur frustré par l’indisponibilité d’un titre pouvait se rabattre sur une offre commerciale plus traditionnelle.

 

Aujourd’hui, le service compte plus d’un million de titres, issus, notamment, des catalogues des plus grands groupes américains – même si ces derniers ont choisi d’attendre six mois avant de proposer leurs nouveautés. Seul Hachette Book Group a toujours refusé ce principe d’abonnement, Arnaud Nourry, le grand patron, considérant ce mode de consommation comme inepte.

 

Pour capter l’attention, la firme avait lancé fin 2014 un moteur de recommandations, permettant aux lecteurs de mieux s’orienter, et aux auteurs de disposer de retours sur leurs ouvrages. Mais voilà près d’un an maintenant que les analystes considèrent que Kindle Unlimited a tué toute concurrence, avec un outil plus perfectionné et définitivement compétitif. 

 

Même Eric Stromberg reconnaissait à demi-mot, les difficultés qui se présentaient pour les autres acteurs. « Ils sont passés d’un modèle de transaction, à un modèle d’abonnement sur un autre média, et ont connu un succès limité. Ils ont vraiment ouvert le chemin du livre numérique, et il est enthousiasmant de les voir embrasser le marché que nous avons créé comme le futur des livres. »

 

Mais Oyster, aussi appelé le Netflix du livre numérique : lancé près d’un an avant Kindle Unlimited, il s’est rapidement fait rattraper, sur cette route débroussaillée. Et dans le même ordre d'idée, deux mois plus tôt, Entitle, un autre service d’abonnement, a aussi fermé ses portes. 

 

Oyster s’était déployé sur Android, iOS et sur navigateur web, avec une formule à 10 $ mensuels. Désormais, seul Scribd reste face à Amazon – et 24 Symbols, l’opérateur espagnol, qui devrait approcher le rivage américain rapidement. Notons cependant que des turbulences ont agité Scribd dernièrement, avec la fin de l’accès à des titres de romances et en août, la fin du service de livres audio.