L'iPad d'Apple démocratisera-t-il le piratage de livres numériques ?

Clément Solym - 20.02.2010

Lecture numérique - Acteurs numériques - iPad - Apple - dmocratiser


Le piratage n'a pas attendu l'iPod première génération pour que l'on trouve de la musique disponible gratuitement sur la toile, avec des albums compressés, des titres illégalement téléchargeables, et ainsi de suite.

De même, les DRM Fairplay de Apple n'ont pas résisté bien longtemps : lancé en avril 2003, iTunes Music Store, qui deviendra iTunes Store, moins d'un an après, on annonce que les verrous sont craqués (source). Une telle rapidité d'exécution manifeste tout l'enthousiasme des pirates, pour qui ces techniques de protection sont d'une part abusive, d'autre part, inefficaces.

Quand la technologie va, le piratage suit

Pourtant, le piratage fait peur, angoisse, excite les majors du cinéma et de la musique. Et les prochains, ce sont les éditeurs de livres. Et malgré les assurances d'Apple, grâce à l'iPad, les ebooks piratés sont juste devant nous, on pourrait presque les caresser du bout de la pulpe de l'index...

Aux États-Unis, on a récemment annoncé que 10 % des livres lus sont désormais piratés - et que cela coûte 3 milliards $ aux maisons. Sauf que personne n'avait oublié de remarquer que la firme à l'origine de cette étude se nomme Attributor, et qu'elle propose des solutions de protection de fichiers sur internet (consulter l'étude). Marrant : quand mon plombier me dit qu'il va falloir tout changer de la tuyauterie chez moi, j'en fais généralement venir un autre.

L'actuelle liste des 100 fichiers les plus téléchargés sur The Pirate Bay indique l'on n'a pas encore trop à s'en faire : films, séries télés, jeux PC occupent joyeusement les 10 premières places et ce, depuis quelques années déjà.

De l'intérêt de lutter ?

Bien sûr, si vous cherchez des ebooks, vous en trouverez, et les sites qui en proposent ne manquent pas, et Scribd vous viendra aux lèvres plus rapidement que vous ne l'imaginez. Pourtant, le site a fait ce qu'il pouvait pour gagner la confiance des éditeurs, multipliant les initiatives de lutte contre les fichiers illégaux d'une part. Et pour l'éditeur Faber, par exemple, jouer la police reste une perte de temps, puisque le grand public privilégie toujours les exemplaires papier.

Comprendre les vrais enjeux (et faire confiance ?)

Mais alors l'iPad ? Si les éditeurs applaudissent les mesures de protection d'Apple, que dans tous les cas, DRM ou pas, les internautes trouveront de plus en plus de fichiers disponibles, jamais les livres ne vivront le même cas d'endémie que la musique ou les films. Pour une raison simple : si l'on consomme de la musique à ne plus savoir qu'en faire, il est idiot - radicalement stupide - de stocker des livres en attendant de les lire. Mais peut-on se fier au côté rationnel de la Force pour dire ce qu'il en sera vraiment ? Ou alors faut-il se pencher du côté de l'offre légale pour mieux comprendre ?


Oui. Enfin, non. Mais les modes de consommation de la musique n'auront jamais rien à voir avec ceux de l'ebook. Télécharger un titre d'un album n'a rien à voir avec le téléchargement d'un chapitre. D'une nouvelle alors ? Oui, peut-être. Mais là encore, le temps de lecture n'a rien à voir avec le temps d'écoute d'une chanson. Et le divertissement offert par un film n'est pas non plus le délassement d'un livre...

La preuve par l'exemple

D'ailleurs, faites le test de lecture suivant, et vous verrez bien en combien de temps vous pouvez avaler une page de livre (qui comporte en moyenne 220/250 mots) et combien de minutes de musique cela représente.