La bibliothèque numérique d'Amazon reprend du poil de la bête

Clément Solym - 02.01.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - bibliothèque numérique - Amazon - catalogue


La bibliothèque numérique d'Amazon avait fait sourire, dans un premier temps. Mais dans un premier temps uniquement. Offrir chaque mois aux clients Premium un ebook à lire gratuitement, l'intention était là. Mais avec une offre de moins de 5000 titres et les six grands éditeurs étasuniens qui refusaient le système, tout cela était un brin bancal.

 

Sauf qu'entre temps, Amazon a débloqué une jolie somme, de 500.000 $, pour inciter les auteurs indépendants et passant par le programme Kindle Direct Publishing, à venir alimenter le catalogue d'ebooks prêtés. Et finalement, en lieu et place des 500.000 $, c'est un budget de 6 millions $ qui a été alloué à ce projet.

 

Dans ce contexte, les auteurs étaient sommés de ne plus vendre leurs ouvrages ailleurs que par le biais d'Amazon, et les conditions imposées devenaient plutôt drastiques. 

 

Ca, c'est ce que l'on aurait pu croire. Mais entre cette mi-décembre 2011 et aujourd'hui, le catalogue s'est considérablement enrichi. Et ce, en dépit de la colère qui a grondé, lorsque les éditeurs et auteurs indépendants avaient découvert dans quelles conditions ce prêt de leurs ouvrages allait se faire. 

 

 

Car depuis le lancement de cette offre de bibliothèque numérique, qui est intervenu au début du mois de novembre, Amazon, qui n'avait alors que 5000 titres en aurait engrangé quelques milliers de plus. De fait, au matin du 28 décembre, on pouvait en recenser 66.037. 

 

De quoi faire frémir, alors que le catalogue proposé par OverDrive est aujourd'hui de près de 66.000 ouvrages, provenant des catalogues des grands éditeurs américains. 

 

Or, vec le succès des ventes de Kindle, tel qu'annoncé par Amazon, on en arrive à des volumes de téléchargements pour ces oeuvres en prêt qui pourraient être impressionnants. 

 

Pour devenir client Premium, il faut souscrire à un abonnement de 79 $ annuels, qui donne accès à différents avantages - réductions, offres promotionnelles exclusives, etc. 

 

Si la bibliothèque numérique d'Amazon finit par intégrer de plus en plus d'auteurs autoédités, c'est un véritable contrôle du contenu publié qui s'amorce, autant qu'une machine à croissance exponentielle sur les prochains mois. 

 

Et le message adressé aux six grands groupes d'édition se fait aussi sentir. Après avoir refusé le service, il serait facile pour Amazon de revenir les trouver, en pointant la réussite de cette bibliothèque. Et imposer des conditions cette fois bien plus douloureuses qu'initialement...