La lecture intéresse moins d'un jeune sur deux en Suisse

Clémence Chouvelon - 19.03.2015

Lecture numérique - Usages - Livre numérique smartphone - école obligatoire Suisse - outil pédagogique


Les jeunes générations, les « digital native » évoluent dans un environnement où le numérique est omniprésent. Mais quand il s'agit de lecture, quelles sont leurs pratiques ? Sont-ils plutôt livres papier ou sous forme numérique ? Jean-Claude Domenjoz livre un état des lieux des pratiques de lecture des jeunes suisses et interroge sur le développement de la lecture pour tous à l'école. 

 

 

BlackBerry Storm Smartphone(Cheon Fong Liew CC BY-SA 2.0)

 

L'étude JAMES 2014 (Jeunes activités médias – enquête Suisse) réalisée par la Haute école zurichoise en sciences appliquées (ZHAW) fait état que parmi les jeunes de 12 à 19 ans, 46 % ne lisent jamais ou rarement, soit près d'un sur deux. 88 % ne lisent pas d'ebooks alors même que les familles suisses sont majoritairement très bien équipées numériquement : 100 % possèdent un téléphone portable, 99 % un ordinateur et 68 % une tablette. Jean-Claude Domenjoz, dans un article pour L'Hebdo, explique qu'avoir « goût à lire un livre, en attendre un plaisir, ne va pas de soi. La lecture d'une œuvre [...] demande des dispositions particulières, un goût qui se construit socialement dès le plus jeune âge. » 

 

La pratique de la lecture se forme, et elle est inégalement répartie au sein de la population : les femmes et les personnes disposant d'un haut niveau de formation et d'un haut revenu lisent plus que les autres. L'un des objectifs de l'école étant de réduire les inégalités de réussite entre les élèves, par un savoir qui s'acquiert majoritairement par la lecture, pourquoi ne pas utiliser les smartphones, que maîtrisent et possèdent tous les élèves (97 % en possèdent un) comme outils pédagogiques et de lecture à l'école. 

 

Une étude de l'UNESCO montre que, dans les pays en développement, des millions de personnes peuvent avoir accès à des livres sur leur téléphone, même s'il n'est pas équipé de technologie récente. La lecture sur écran permet de « réduire la fracture culturelle des groupes marginalisés », une fracture peu évoquée, mais qui existe bel et bien en Suisse.

 

Mais l'école obligatoire suisse, si elle a quelques projets en matière de numérique, n'en fait pas une priorité, les équipements en matière d'enseignement restant pour la majorité sous forme papier. « Il n'y a aucune démarche concertée au niveau de l'école obligatoire. Il n'y a pas de politique délibérée ni cantonale ni intercantonale. C'est encore trop tôt. L'école a d'autres priorités » a déclaré le secrétaire général de la Conférence intercantonale de l'instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP), Olivier Maradan.

 

(via L'Hebdo)