La protection d'oeuvres par DRM verrouillerait leur potentiel commercial

Julien Helmlinger - 19.12.2013

Lecture numérique - Usages - DRM - Livre numérique - Verrous


Le mois dernier a été publiée une étude sur la protection de la propriété intellectuelle dans le cadre de l'industrie du disque, reste à savoir si la pareille se vérifie dans le monde du livre. Celle-ci démontrerait que contrairement aux idées reçues, les DRM ne serviraient pas tant à lutter contre le piratage de contenus et la sauvegarde des revenus de ceux qui en font le commerce. Selon ces résultats, ces verrous brideraient le potentiel commercial d'un titre et le simple fait de les supprimer permettrait d'accroître les ventes.

 

 

 

 

L'enquête a été produite par Laurina Zhang, candidate au doctorat en gestion stratégique que dispense la Rotman School of Management de l'université de Toronto. Pour parvenir à sa conclusion, l'étudiante a comparé les chiffres de vente de la version avec DRM et celle sans DRM d'albums similaires, considérant un éventail de productions issues de quatre majors. Verdict : un titre sans verrous se vendrait mieux en moyenne, à hauteur de 10 % en volume, par rapport à la version verrouillée.

 

Si la méthode de protection via DRM est pensée pour lutter contre le piratage de la propriété intellectuelle, son contrecoup se ferait notamment ressentir par une perte au niveau de la découvrabilité d'un bien culturel. En conséquence la chercheuse en déduit que les verrous seront davantage préjudiciables à une oeuvre de niche qu'au dernier produit à la mode...

 

D'autres bémol concernent les questions de la propriété d'un bien, de son accessibilité et de la possibilité de le partager avec ses proches. Selon Ron Miller, de Computer World, le meilleur moyen de gagner du terrain sur le piratage serait simplement de « donner aux gens ce qu'ils veulent, quand ils le veulent, et à un tarif raisonnable ». Autant de critères qui les pousseraient à dépenser leurs deniers pour une offre légale plutôt que de se rabattre illégalement sur la première version pirate découverte sur le web.