Le gouvernement indien veut créer sa boutique de livres numériques

Clément Solym - 04.09.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - National Book Trust - Inde - boutique ebooks


Nous vous l'annoncions hier : les salons du livre indiens de cet été se sont placés sous le signe de la lecture numérique. (voir notre actualitté) Mieux encore, la National Book Trust India, la maison d'édition directement issue du ministère du Développement des Ressources humaines, a révélé la mise en place imminente d'une boutique de livres numériques, pour seconder sa plateforme dédiée aux livres papier.

 

 

book vendor

Une librairie d'Ahmedabad (auteur : whitecat sg

 

 

L'alphabétisation est toujours une sévère problématique pour le gouvernement indien, puisqu'elle n'est acquise que pour 63 % de la population du pays : le lancement d'une tablette à faible coût, l'Aakash, a permis de familiariser les Indiens avec la lecture numérique, mais les écueils habituels (accessibilité des titres, infrastructure...) s'étaient vite manifestés.

 

Après la mise au point d'une version améliorée de l'Aakash, (voir notre actualitté) le gouvernement indien a révélé son projet de boutique de livres numériques en y joignant un appel à projets déjà doté d'un cahier des charges. La société qui héritera du développement devra donc s'appliquer à créer, ou numériser si besoin est, en format EPUB 3, une bonne nouvelle pour l'IDPF et le Book Industry Study Group, qui font pression pour imposer le format comme standard international.

 

La National Book Trust India veille aussi à assurer la pérennité de l'infrastructure : elle demande ainsi aux futurs développeurs de veiller au système de paiement, mais aussi d'anticiper sur une extension à venir vers les appareils mobiles, « y compris ceux sous iOS, Android et autres tablettes ». Comptant sur l'intérêt grandissant des lecteurs pour la lecture numérique, le ministère du Développement des Ressources humaines ne condamne donc pas les acheteurs à sa propre tablette low-cost (qui tourne sous Android).

 

Par contre, il sera difficile de compter sur l'interopérabilité : le prestataire qui héritera du projet devra veiller à soigneusement verrouiller les titres distribués avec un système de DRM. Même sans précision sur celui-ci, nul doute qu'il relèvera plus du verrou que du tatouage numérique... Mais nul doute que les tarifs de vente feront aussi la différence, surtout depuis qu'Amazon s'est engagé au pays de la vache sacrée...