Le pari (parfois) gagnant de l'autoédition numérique.

Clément Solym - 16.08.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - amazon - kindle - autoédition


Devant le refus de grandes maisons ou d'agents littéraires, certains tentent leur chance avec l'auto-édition en ligne. Et découvrent la joie de développer un lectorat sans passer par la case comité de lecture. Plus grande liberté, ou pari fou, si les exemples ne sont pas si nombreux, ils ouvrent néanmoins la voie à une nouvelle forme d'édition en lien étroit avec le lecteur.

 

En 2010, Tina Folson se résout à cette option après plus de trente refus en proposant en ligne son Samson's Lovely Mortal. Et les choses vont lui donner raison. Répertoriés sur Amazon ses écrits successifs vont caracoler en tête des classements. À l'heure du phénomène Twilight, sa propre saga de vampires enamourés lui vaut d'atteindre le top 10 des livres qui sentent le plus la rose d'iTunes et de Barnes & Noble. Aujourd'hui, le fruit des ventes de ses ouvrages rapportent en moyenne plus de 33.000 $ par mois à l'écrivaine.

 

 

Le succès s'explique à la fois par le faible prix de ses écrits, 99 centimes, en plus d'une profusion de titres. Un référencement accru et une productivité qui créent une vraie légitimité autour de ces auteurs. Quand bien même l'étiquette d'écrivain à e-book reste forte, les 70 pour cent qu'Amazon reverse aux écrivains sur des titres allant de 2,99 à 9,99 dollars motivent des auteurs à trouver un autre système plus rémunérateur et bien plus souple.

 

Parmi ces champions de l'ebook gagnant, on citera également Amanda Hocking, dont le refus dans l'industrie traditionnelle se transformera en plus d'un million et demi d'ouvrages vendus. Cette fois l'histoire est plus cocasse, car Amanda avait renoncé à la publication. Et s'y serait résolu sans sa passion pour le Muppet Show. Décidée à assister à un spectacle des marionnettes loin de chez elle, sa seule source de revenus immédiats semble être la vente au format Kindle de quelques-uns de ses tapuscrits oubliés. À l'origine pour des proches et quelques curieux.

 

Le club des millionnaires

 

Pas de grands rêves d'abord, mais seulement quelques centaines de dollars pour financer le voyage. Pourtant six mois plus tard, les résultats sont impressionnants. 20.000$ et 150.000 exemplaires vendus. Avant de dépasser le million qui lui a valu de rejoindre le club des millionnaires en exemplaires vendus d'Amazon. Aux côtés des grands noms comme Larsson ou Meyer. Une idée anodine qui développe un nouveau marché. Qui peut s'étonner aujourd'hui qu'en ajoutant une pincée de soufre à cette consommation plus variée qu'en rayonnage E. L. James récolte la manne monétaire et médiatique de son porno pour maman ?

 

Faible prix, profusion de titres qui demande à faire le tri soi-même, le livre autoédité, surtout quand il sent la luxure profite encore plus des tablettes. Sans couvertures immédiatement reconnaissables ou racoleuses, aucune excuse pour ne pas en profiter dans le métro.