Le Projet Bradbury se partage en famille (semaine 14)

La rédaction - 22.11.2013

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Passé le quart du Projet, Neil Jomunsi continue d'expérimenter et de tester la solubilité de la littérature dans le web. Ainsi, à l'occasion de la publication cette semaine de la 14ème nouvelle, intitulée "Bully", on apprenait que l'auteur décidait de passer le Projet Bradbury en licence Creative Commons, reposant ainsi la question du partage des fichiers numériques.

 

 

 

 

Le résumé de la nouvelle de la semaine :Baldur — surnommé « Bully » par ses parents et ses camarades de classe — n'est pas tout seul dans sa tête. Obnubilé par la célébrité, il s'imagine filmé 24 heures sur 24 par un caméraman imaginaire qui capte le moindre de ses faits et gestes. Cette gloire toute relative est une consolation lorsqu'il se fait taper dessus par les brutes du collège. Jusqu'où un adolescent martyrisé irait-il pour marquer les esprits ?

 

Comme l'explique Jomunsi, cette histoire était une manière de se remettre dans la peau d'un adolescent de 13 ans et de se remémorer les souffrances inhérentes à l'existence même à cet âge : « La primo-adolescence (entre 11 et 14 ans) est une période dont je garde un souvenir cruel. Je pense que nous sommes nombreux dans ce cas-là, que nous ayons été persécuteur, persécuté ou simple spectateur. Cet âge est d'une violence inouïe, tant morale que physique, et pour rien au monde je n'aimerais le revivre. J'espère que nous saurons, en tant que parents, nous souvenir que les adolescents mentent quand ils disent, en rentrant le soir à la maison, que tout va bien. Jamais rien ne va bien quand on a 13 ans. »

 

On retrouve la nouvelle à l'achat sur les différentes plate-formes de téléchargement habituelles au prix de 0,99€, ou souscrire à l'intégralité du Projet Bradbury et devenir mécène en s'abonnant. 

 

 

À l'occasion d'un article de blog, l'auteur a également fait l'annonce du passage du projet en licence Creative Commons. Le choix n'est pas innocent : Jomunsi a fait non seulement le choix de la confiance en publiant ses ebooks chaque semaine sans DRM, mais il veut provoquer la réflexion autour du partage non-marchand, auquel même la Hadopi s'intéresse ces temps-ci. Le but n'est pas de détruire tout un système mais d'en construire un qui soit pérenne à l'heure du partage de fichier. Se battre contre cette réalité reviendrait à « essayer d'arrêter un fleuve à mains nues. »

Je crois au caractère universel des livres. Les histoires sont avant tout écrites pour être lues et partagées par le plus grand nombre. Je pourrais prendre l'exemple des légendes racontées au coin du feu par nos ancêtres, qui n'ont jamais été inventées pour être adaptées en blockbusters mais pour être transmises de génération en génération. Les livres, à mon sens, procèdent de la même logique. J'ai prêté mes livres préférés jusqu'à ce qu'ils disparaissent de ma bibliothèque, jusqu'à ce que je doive les racheter pour les prêter à nouveau. Idiot, vous dites ? Partageur, ça c'est sûr. Et l'idée que des livres aimés puissent ne pas m'être rendus me rend, d'une certaine manière, heureux.

L'auteur, en partenariat avec un studio graphique, propose également un logo qui, couplé à une licence Creative Commons, permettra aux auteurs et aux éditeurs de faire passer un message rapide et clair quant à la nature librement partageable de leurs contenus. Ce logo est librement utilisable par tous. On retrouve plus de détails sur l'article complet, ainsi que les fichiers sources.

 

 

 

On retrouve les avancées et les nouveautés du Projet bradbury sur le site officiel hébergé par Actualitté. Il est également possible (et même recommandé) de s'abonner à la newsletter du Projet pour recevoir chaque dimanche un chapitre d'une nouvelle expérimentation littéraire intitulée Nemopolis, un roman uniquement diffusé par le biais de courriers électroniques.