Le scandale du prix Kindle, ou le génie du marketing ebook ?

Clément Solym - 20.10.2011

Lecture numérique - Législation - Kindle - France - Amazon


Il est parfois amusant de constater que l'on stigmatise volontiers les uns et les autres. Forme de désaveu ? Peut-être. Depuis que l'offre Kindle est arrivée en France, difficile de dire ce qu'il en sera réellement, bien que tout porte à croire que ce nouvel entrant sur le marché fera rapidement la différence.

Enfin... normalement. Parce que de ce que nous avons pu voir dans un premier temps de l'appareil commercialisé en France, on est loin d'une machine de guerre révolutionnaire. Et même en deçà de ce qui est d'ores et déjà disponible sur le marché des lecteurs ebook. Simplement, l'environnement Amazon, c'est quelque chose de rudement bien fichu, et l'achat en un clic de son livre numérique, avec réception immédiate du livre...

 

Pas assez cher, mon fils

Évidemment, l'offre existe chez d'autres, mais il y a toujours la ruse d'Amazon dans le commerce, qui fait la différence. Effectuez un simple sondage d'opinion : une majorité de personnes vous avouera en toute simplicité que les livres sont vendus moins cher chez Amazon. Alors qu'il n'en est rien... Et c'est pourtant sur ce type de démonstration de force marketing que le cybermarchand fait la différence.

Un autre exemple est aujourd'hui pointé par Guillaume Husson, secrétaire général du Syndicat de la librairie française dans Le Monde.

Ce dernier pointe en effet les méthodes d'Amazon sur les questions de tarifications. Tout est en effet question de dénomination : sur une fiche produit, on trouve trois mentions :

  • Prix conseillé de l'édition numérique
  • Prix Kindle
  • Economisez (avec un montant en euros et un pourcentage)

« Ces appellations sont de pures inventions d'Amazon et constituent une violation flagrante de la loi sur le prix unique dans son esprit, si ce n'est dans sa lettre », explique ainsi Guillaume Husson à nos confrères. Mais qu'en est-il ?

 


Effectivement, il y a une erreur, mais surtout pas mal de malice.

 

Le prix n'est pas conseillé par l'éditeur, il est fixé, que ce soit pour la version imprimée ou numérique. En l'occurrence, donc, Amazon ne devrait pas pouvoir utiliser l'expression « prix conseillé », mais « prix fixé », ni prix Kindle, puisque le tarif de vente pour l'ebook est le même pour tous les revendeurs.

C'est en partie ce qui est d'ailleurs rectifié avec la mention "Ce prix a été fixé par l'éditeur.", qui n'a d'autre vocation que de faire enrager le client.

 

La méthode avait déjà été utilisée outre-Atlantique lorsque le contrat de mandat avait été imposé, suite à la sortie de l'iPad et de l'iBookstore. On trouvait en effet « This price was set by the publisher ». Sur les marchés britanniques et étasuniens, qui ne sont pas soumis à un prix unique du livre, ces mentions étaient de véritables actes de provocation... (voir notre actualitté)

En faisant un petit tour sur le site de Fnac, par exemple, on se rend compte que la présentation est donc bien moins détournée, et que le revendeur joue le jeu de la distinction entre les produits sans opérer de comparaison tarifaire. Alors évidemment, le SLF doit grincer des dents... mais il pourrait tout aussi bien pointer les mises en perspectives effectuées, puisqu'après tout, Fnac indique bien les deux tarifs.

Mais il y a lard et la lanière pour fouetter...

 

D'ailleurs, la livraison gratuite, ce n'était pas condamné à l'époque, quand le SLF attaquait Amazon au sujet des frais de ports ?