Les applications simplifient la vie, mais créent des enclos

Clément Solym - 25.03.2012

Lecture numérique - Applications - applications - danger - internet


Les applications, ces petits logiciels destinés à un environnement précis, sont devenues les chouchoues des smartphones. Impossibles d'y échapper, quel que ce soit le système d'exploitation de son appareil - sans compter que Mozilla devrait prochainement sortir son propre OS mobile. Et à l'ère des tablettes, ce principe d'applications, pour pratique qu'il soit, inquiète les chercheurs de Pew Research Center. 

 

Selon quelques projections, d'ici à 2020, 35 % des experts considèrent que les applications auront pris une part importante des usages, au point de dénaturer quelque peu le World Wide Web originel. Cependant, chose rassurante, ils sont 50 % à croire que « le 'world wide web' sera plus solide que jamais dans la vie des gens et l'opinion largement répandue sera que, comparé aux applications, le web est plus important et utile, et qu'il est le facteur dominant dans la vie des gens », rapporte l'AFP.

 

L'exemple de Siri est particulièrement frappant : l'utilisateur d'iPhone pose des questions directement à l'appli, qui sert d'une certaine manière d'assistant personnel. Mais elle évite surtout d'avoir à réaliser des recherches depuis le net, ou d'avoir à prendre soi-même les renseignements. 

 

 

 

Reste donc que les applications inquiètent. Et dans l'univers du livre, la question se pose tout autant. Si « les experts du secteur des technologies croient généralement que la révolution du mobile, la popularité des applications ciblées, la monétisation des produits et services en ligne, et les innovations dans l'informatique externalisée (cloud computing) mèneront l'évolution d'internet », alors l'édition sera prise dans les mêmes enjeux. 

 

Le choix de la création d'applications-livres pour un éditeur permet de tirer pleinement parti des ressources d'un appareil - en l'occurrence, l'iPad, il ne faut pas se voiler la face. Pourtant, c'est avant tout faire le choix d'un environnement propre, au détriment des autres, et d'une segmentation de l'oeuvre, retranchée à une plateforme unique. 

 

L'un des témoignages de l'étude est frappant : « La capacité des applications à répondre à des besoins spécifiques est une épée à double tranchant : elles simplifient la vie, mais elles créent des enclos, et retirent de l'aléa », explique Richard Titus, capital-risqueur. Et il en va de même avec les applications-livres, puisqu'elles sont avant tout applications. L'enjeu d'un choix est aujourd'hui déterminant, bien que l'étendu des possibles reste limité. 

 

S'il faut choisir, pour des ouvrages un peu complexes, on pourra balancer entre EPUB 3 et application. Mais dans tous les cas, pour l'heure, seul l'iPad est en mesure de lire l'un ou l'autre des ouvrages que l'on aura créés. Reste que l'EPUB 3 pourra être apprécié sur des tablettes Android, probablement sous peu. Et que l'appli, elle, restera dépendante d'un appareil et d'un système d'exploitation. Tout en cloisonnant son champ d'action...

 

Et pour cause. Si l'on doit faire un peu d'histoire, c'est à Apple que l'on doit l'arrivée des applications, accompagnant le lancement de l'App Store, couplé à... l'iPhone.