Les partis Pirate, un parfum de défense des droits civiques

Clément Solym - 05.04.2012

Lecture numérique - Législation - Parti Pirate - renforcement droits d'auteur - copie privée


En s'assurant un contrôle plus strict sur les échanges de fichiers sur Internet, les gouvernements parasitent le circuit traditionnel de la communication et s'accordent un droit de regard un peu... stressant. Rick Falkvinge, le fondateur du premier Parti Pirate, le suédois, n'y va pas avec le dos du modem dans une tribune et compare la démarche à celle de la... Stasi.


Si les formats propriétaires assurent aux revendeurs un utile moyen de pression face aux éditeurs, (voir notre actualitté) l'« industrie du copyright » comme la nomme Falkvinge, contreviendrait aux libertés individuelles sous le prétexte fallacieux de la protection. Pour appuyer son assertion, le créateur du Parti Pirate remonte à l'ère pré-Internet.

 


L'époque bénie des coupe-papier et des timbres à lécher, Rick Falkvinge semble presque la regretter : « Avant le net, si vous vouliez envoyer une copie d'un produit sous copyright, il était évident que cela était possible. Vous pouviez envoyer cette copie par la poste sans penser une seconde aux répercussions. » Une liberté de communication qui, paradoxalement, s'est restreinte avec la multiplication des réseaux lancée par le web.

 

Le seul moyen disponible pour le contrôle des fichiers échangés sur Internet est la surveillance, pour trier les usages légaux des infractions avérées : une telle solution conduirait les gouvernements à uen surveillance continue des échanges privés, contrevenant directement aux libertés individuelles des populations. Un peu comme si, pour démanteler les réseaux terroristes, on décidait de surveiller tous les échanges pour localiser les quelques fanatiques... 

 

On pourra objecter que les actions ne sont prises qu'en cas de violation du copyright, ou de la loi, selon les cas : c'est ici que Falkvinge tente la comparaison avec la police politique d'Allemagne de l'Est, la Stasi, qui ouvrait et déchiffrait toutes les lettres certes, mais, attention, n'y prélevait que les élèments nécessaires à ses enquêtes - et ses épurations.

 

Comme le note Falkvinge, la génération précédente a pu profiter d'un certain respect de la vie privée, considéré comme normal dans toute démocratie contemporaine : le combat pour les droits civiques ne réclamait rien d'autre, la liberté individuelle et le droit de mener sa vie privée comme on l'entend. Et la tête pensante du Parti Pirate de conclure : « Le fait est que le combat pour les droits civiques de base et le combat contre le monopole du droit d'auteur ne sont qu'un seul et même combat. Ils ne constituent pas deux combats identiques, il ne s'agit que d'un seul et même combat. »