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Les professionnels de l'édition au secours d'Apple et des éditeurs

Clément Solym - 10.05.2012

Lecture numérique - Législation - entente - Apple - éditeurs


La procédure juridique entamée contre Apple et cinq éditeurs internationaux aux États-Unis est en passe de se résoudre. Trois d'entre eux ont décidé de se plier aux décisions du Département de la Justice, quand deux groupes avec Apple, ont préféré aller au combat devant le juge. Mais les organisations professionnelles ne restent pour autant pas les bras croisés, à compter les points. 

 

Oren Teicher, président de l'American Booksellers Association a ainsi diffusé une lettre à ses membres, pour réclamer la défense du contrat d'agence. C'est autour de cette notion que tourne l'ensemble de l'action en justice : une entente entre les éditeurs et Apple aurait conduit à une distorsion de la concurrence, lésant les consommateurs, premières victimes de cet accord.

 

Pour qui sonnera le glas ?

 

Pour le président de l'ABA, il faut cependant donner de la voix, et la faire entendre, pour défendre absolument ce contrat d'agence. C'est le sort de la librairie indépendante et de la commercialisation des livres numériques, qui est en jeu. « Je sais qu'il reste un certain scepticisme quant à l'influence quelconque que pourrait avoir ce que nous disons, mais garder le silence en ce moment critique serait, à mon avis, une grave erreur. »

 

 

 

Pour mémoire, Apple, Macmillan et Penguin ont décidé de poursuivre l'action devant les tribunaux, quant à Hachette Book Group, Simon & Schuster et HarperCollins préfèrent signer les accords proposés par le DoJ. Le règlement soumis aux éditeurs doit encore être validé dans sa globalité, et jusqu'au 25 juin, les acteurs auront la possibilité de formuler quelques commentaires.

 

Décocher sa plume, son arc... et son tank

 

Et c'est là que les libraires peuvent encore intervenir : en écrivant au tribunal, pour témoigner de l'importance que le contrat de mandat peut avoir. « Depuis son introduction, le contrat d'agence a corrigé une distorsion dans le marché, permis par les prix pratiqués inférieurs aux coûts, principalement emmené par Amazon.com. » Et le résultat de cette pratique est justement d'aboutir à une concurrence définitivement supprimée.

 

Pourtant, plusieurs réactions avaient pris la défense d'Amazon voilà quelques temps

Laura Dawson affirme sur son blog qu'il y a vingt ans de cela, Borders (aujourd'hui disparu) et Barnes & Noble été accusés de fixation abusive des prix qui malmenait la compétition. Aujourd'hui, personne, assure-t-elle, ne semble se souvenir de cette affaire. Alors pourquoi Amazon ne pourrait pas connaître une trajectoire similaire ?

« Mais tandis que le marché évolue, Amazon est en train de devenir un refuge pour les lecteurs. Il y a tellement de choses à faire pour eux - tellement de contenus liés aux livres à visiter avant d'acheter. Oui, Amazon vend aussi des chaises longues. (...) Mais nous devons nous demander, avec l'effondrement de la vente en librairies physiques, avec quelle entreprise les fournisseurs vont-ils souhaiter traiter ? Tout comme iTunes a supplanté la vente de musique, Amazon est en train de supplanter les librairies. Parmi toutes les solutions pour vendre des livres, seules les librairies indépendantes et B&N ont plus la passion des livres. S'ils devaient éventuellement s'effondrer (ou se transformer ou être vendus), Amazon deviendrait le site le plus tourné vers les livres, pour que lecteurs aillent acheter des livres ». (voir notre actualitté)

 

« En bref, depuis l'introduction du contrat d'agence, le marché de l'ebook pour les consommateurs est devenu bien plus concurrentiel », ajoute Oren Teicher. Car la mauvaise nouvelle ne tardera pas : un retour des prix cassés, de la vente à perte, et il revient à tous de se mobiliser pour faire valoir l'importance de ce contrat entre les éditeurs et les libraires, afin d'assurer à chacun une présence dans l'univers numérique. D'autant plus que certains autres éditeurs ont adopté le contrat d'agence, et ne semblent pas pressés de l'abandonner - sans pour autant être inquiétés par les menaces du Ministère de la Justice. 

 

De là ont ainsi fusé des vagues de lettres, notamment celle de l'Association of Authors Representatives, qui se charge des droits numériques des auteurs. Gail Hochman, président du groupe, affirme que toute son organisation a décidé de contacter le ministère, pour faire part de son inquiétude. Il estime, en effet, que le DoJ doit impérativement prendre connaissance des réflexions qui sous-tendent à l'ensemble de cette opération. 

 

Et d'exhorter l'ensemble des membres de l'AAR de prendre leur plume belle plume pour écrire également. « Nous croyons que, plus les lettres venant d'éditeurs professionnels seront reçues, meilleure sera la chance d'influence la décision finale du juge. » Plusieurs manifestations seront également organisées pour sensibiliser les membres de l'AAR, et tous ceux qui souhaitent en savoir plus. 

 

Les organisations ont bien décidé de ne pas laisser faire. Si vous êtes concernés, l'adresse est la suivante 

 

 John Read

Chief, Litigation III Section

Antitrust Division

U.S. Department of Justice

450 5th Street, NW, Suite 4000

Washington, DC 20530 

 

 

Reste que l'action collective pourrait bien être arrêtée, attendue que les trois éditeurs sont en passe de signer des accords avec les différents Etats du pays, pour assurer un remboursement des consommateurs. (voir notre actualitté)




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