Les robots, des obsédés sexuels ? "Maison close" : Projet Bradbury #23

Neil Jomunsi - 24.01.2014

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Le Projet Bradbury continue, avec cette semaine des androïdes, de la sexualité un peu tordue et des discussions sur la relation entre libre et livre. La parole est à l'auteur. Les dix derniers jours ont été si chargés qu'à écrire ces quelques lignes, mes yeux s'ouvrent et se ferment comme si j'allais m'endormir sur le clavier.

 

Il faut dire qu'après une semaine à Paris (où j'ai appris à des éditeurs en formation à fabriquer un ebook), un détour par la province (où j'ai respiré l'air de la campagne, visité la maison de mon arrière-grand-mère en pleine rénovation et profité de ma famille) et une participation à une table ronde mardi soir, je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer. Retour donc à Berlin hier matin, aux aurores et sous la neige, juste à temps pour tout remettre en place et vous proposer la nouvelle de la semaine, intitulée Maison Close, qui portera désormais le numéro 23 dans la chronologie du Projet Bradbury.

 

 

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Quelques mots à son propos :

Miss A est une femme d'affaires d'un genre un peu particulier : dans un futur proche où les ingénieurs ont doté les robots de sentiments, de besoins et d'envies pour relancer une économie moribonde, son entreprise offre des prestations sexuelles aux machines, cyborgs et autres androïdes. Son business est florissant. Un jour, un homme vient à elle avec une proposition qui, bien qu'inhabituelle, éveille sa curiosité : il s'agit de s'occuper d'un client hors du commun.

 

Pour écrire cette nouvelle, je suis parti d'une idée simple, mais néanmoins dérangeante : dans un monde où les  machines feraient partie du quotidien, au point que les frontières entre humains et robots deviendraient si tenues qu'elles finiraient par être abolies, tant d'un côté que de l'autre, que se passerait-il si l'on donnait la possibilité à des androïdes de connaître les plaisirs de la chair ? J'ai donc imaginé une spécialiste de la robotique qui décide de se lancer dans le business de la satisfaction des désirs cybernétiques.

 

Nous vivons dans un monde où l'on nous réduit souvent à notre simple rôle de consommateur. Si la technologie le permettait (voire l'obligeait), et que l'économie le nécessitait, il n'y aurait aucun obstacle à doter des intelligences artificielles de désirs humains. Il a été montré que la prochaine étape vers des intelligences artificielles plus développées était d'équiper les robots de sentiments tels que la peur, afin de les aider à reconnaître et à estimer le danger. En extrapolant un peu, on pourrait aisément se représenter des machines éprouvant de l'amour et du désir. Cynique ? Oui, très. Mais à l'heure où les robots nous sont de plus en plus familiers, il est normal de se poser certaines questions. La supplique de Hal 9000 à Dave dans 2001, l'Odyssée de l'Espace résonne encore à mes oreilles :

 

 

Maison close est, comme d'habitude, disponible au prix de 0,99€ chez Kobo, Smashwords, Apple, Amazon et Youscribe. La couverture est signée Roxane Lecomte. Vous pouvez aussi et surtout vous abonner à l'intégralité des nouvelles pour 40€ et devenir mécène du Projet Bradbury. Pour ceux qui ne souhaitent pas s'abonner, une première intégrale du Projet Bradbury a vu le jour. Disponible au prix de 9,99€ dans les librairies cités ci-dessus, elle regroupe les treize premières nouvelles.

 

Pour passer à un tout autre sujet, j'étais cette semaine l'invitée, avec Camille Domange et Lional Maurel (aussi connu sous le nom de Calimaq) d'une soirée organisée à la Mutinerie (Paris) par le think-tank Without Model, sur le thème des licences ouvertes, de l'open et du libre dans les milieux de l'art et de la culture. J'ai pu ainsi expliquer devant un public attentif le principe du Projet Bradbury et du roman-mail Nemopolis. C'était une soirée très agréable, où j'ai rencontré de nombreuses personnes très sympathiques et intéressantes, ce qui ne gâche rien. Pour ceux, et vous êtes nombreux, qui auraient loupé cet évènement, les organisateurs ont filmé la discussion et l'ont mise sur Youtube. Vous pouvez donc y jeter un oeil. Je passe aux alentours de la 46ème minute, mais les autres intervenants sont tout aussi intéressants, notamment le panorama du libre par Lionel Maurel au tout début. Voici la vidéo :

 

 

Je regrette de ne pas arriver à être plus actif sur ce blog, j'aimerais parvenir à poster plus souvent, mais il est vrai que je me complais dans la longueur et que j'aime bien avoir le temps de développer mon sujet. Peut-être devrais-je raccourcir mes articles pour pouvoir vous en proposer davantage ? Qu'en pensez-vous ?

 

En attendant d'en faire un petit compte-rendu, je suis en train de lire un ouvrage passionnant au sujet des soi-disants surdoués et génies qui ont traversé l'Histoire comme des étoiles filantes. On y apprend de nombreuses choses au sujet des sportifs de haut niveau, des artistes de talent, et plus généralement des gens qui se donnent la peine de travailler dur pour arriver à des résultats probants. Finie, la légende d'un Mozart né avec le don du piano. Les neurosciences expliquent pourquoi le talent n'est pas inné, mais le résultat d'un long apprentissage et d'un entraînement intensif. Je vous le conseille chaleureusement : il s'appelle "The Talent Code" et n'existe malheureusement qu'en anglais pour le moment.

 

Je vous souhaite une excellente semaine et de très belles lectures.