London Book Fair : Comment apporter le bon contenu aux lecteurs

Clément Solym - 17.04.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - contenus - éditeurs - numérique


La conférence Digital Minds se tenait ce dimanche à la London Book Fair. Dédiée au secteur numérique, la conférence a permis d'aborder les questions du comportement des utilisateurs face aux contenus numériques. 

 

Jim Griffin est directeur général de One House. Pour lui, un des plus gros défis rencontrés pas les éditeurs est que les gens ne sont plus toujours prêts à payer. « Nous vivons à une époque où payer est un acte volontaire. Je ne prétends pas qu'il soit légalement juste de ne pas payer, ou même moralement, mais il s'agit bien d'un choix que les gens font, ils choisissent s'ils payent ou non, et ce choix devient de plus en plus viable ».

 

Plus que le fait de payer, c'est la procédure pour arriver à l'achat qui semble complexe. Les clients potentiels n'ont pas forcément l'argent ou le temps pour s'approprier un contenu de façon légale. Quand cliquer est un fardeau, qui peut décourager... Ce défi doit aussi pouvoir être relevé par les éditeurs, sous-entend Griffin. En, somme, ils doivent rendre leurs produits plus simples à acheter.

  

 

Redistribution

 

Payer moins cher pour des contenus numériques est aussi une revendication actuelle, car « les nouvelles technologies mènent à une nouvelle culture », selon Jim Griffin. « Quand nous commençons à perdre le contrôle », explique-t-il, « nous ne répliquons pas en accentuant le contrôle ». Il préconise une transition vers une économie d'actuaires, « une belle expression signifiant une tirelire dont l'argent sera redistribué ensuite ». Pour cela, précise-t-il, il est important de « savoir à qui redistribuer cet argent, savoir qui est propriétaire des oeuvres, et enregistrer cette information ».

 

Il a également rappelé l'importance des marchés émergents tels que ceux du Brésil, de la Russie, l'Inde et la Chine, vers qui une main tendue serait judicieuse, et profitable au marché. En effet, le marché du livre numérique se développe lentement mais sûrement dans ces pays. Le Brésil teste, par exemple, des plateformes de lecture et de téléchargements d'ebooks, comme Iba (voir notre actualitté).

 

Conforter l'édition

 

Andrew Steel, directeur artistique du site Funny or Die, a rappelé quant à lui la nécessité de continuer à produire un contenu professionnel, c'est-à-dire assez bien conçu pour attirer un public qui sera prêt à payer pour l'obtenir. Selon lui, il n'y a « aucune chance pour que le contenu généré par les usagers ne gagne, car il n'y a pas assez de bonnes choses. (...) Les meilleurs sont souvent les professionnels, qui savent qui sont les véritables artistes ». Attaque en règle contre les plates-formes d'auto-édition, par exemple ?

 

Le site Pottermore a été lancé officiellement en fin de semaine dernière (voir notre actualitté). Il propose notamment tous les tomes de la saga Harry Potter au format numérique. Son directeur exécutif Charlie Redmayne était également présent à la conférence. Pour lui, l'expérience du site montre bien la continuité du « pouvoir de l'industrie éditoriale ».