Lutte anti-piratage en France : discrétion sur l'affaire Team Alexandriz

Nicolas Gary - 06.07.2014

Lecture numérique - Législation - piratage ebooks - SNE numérique - contrefaçon pirates


Même s'ils savent se montrer encore facétieux, les membres de la Team Alexandriz ont décidé de faire profil bas. Mais l'édition aussi. En octobre 2012, le Syndicat national de l'édition et six éditeurs avec lui, décidait d'agir en contrefaçon contre la plus célèbre équipe de pirates de livres numériques. Fin août 2013, les activités, qui s'étaient considérablement ralenties, ont définitivement cessé. 

 

 

 

« En raison de sérieux problèmes, nous sommes contraints de suspendre nos activités. Nous sommes nous-mêmes dans le flou et cette situation risque de durer. Plus d'envois en relecture, plus de posts de nouveaux ebooks, plus de mises à jour de liens. Des réponses aux mails et MP très réduites. Nous faisons bien entendu de notre mieux pour surmonter ces difficultés », assurait la TA dans un post, sur un forum aujourd'hui inaccessible.

 

De leur côté, les plaignants avaient, en octobre 2012, un discours bien marqué : « Le SNE et les éditeurs sont déterminés à faire cesser les agissements de ce site alors qu'une offre légale riche et variée est à la disposition des lecteurs. » Hachette, Editis, Gallimard, Albin Michel, La Martinière, Actes Sud, côté éditeurs, et le SNE avec eux, auraient depuis choisi une communication assez discrète, indique Édition Multimédi@.

 

Sollicitée par notre confrère, la présidente de la commission juridique du SNE, et directrice déléguée en charge des affaires juridiques chez Editis, Isabelle Raymond-Bailly, n'a pas souhaité faire de commentaires. Secret de l'instruction oblige. 

 

« Les responsables du site ont été mis en examen pour délit de contrefaçon et le parquet poursuit actuellement son travail d'enquête pénale. Ils risquent trois ans d'emprisonnement et de 300.000 euros d'amende. Les ayants droits du livre préfèrent de plus en plus, à l'instar de ceux de la musique, intenter des actions au pénal au civil,qu'au civil car cela fait plus peur aux pirates et en dissuade d'autres », indique simplement un proche du dossier. 

 

Une simple allusion aura été formulée durant l'Assemblée générale du SNE, qui préfère mettre en avant les solutions, déjà présentées à l'occasion du Salon du livre de Paris. Le traçage des fichiers par une empreinte numérique, un service assuré par Holoram Industries, ne serait cependant pas encore en fonction. Julien Chouraqui, juriste au SNE cité par Editions Multimédi@ assure que « l'une des conditions est que l'ensemble des engagements des adhérents ayant souscrits au service d'Hologram Industries atteigne au moins un total de 3.990 euros par mois, ce qui devrait être le cas dans quelques semaines ».

 

En mars 2012, Antoine Gallimard, alors président du SNE, estimait que recourir à Hadopi est « relativement coûteux », pour « un petit marché ». Il était préférable de privilégier le côté pédagogique, éducatif et surtout des systèmes de tarifs qui soient attractifs, sans jouer trop le jeu des marchands. Est-ce à dire que la lutte contre le piratage coûterait encore un peu trop cher ?

 

Quant au portail ProtectionLivres, il devrait faire l'objet d'une promotion, prochainement, auprès des intéressés - qui ne s'y sont manifestement pas trop impliqués. Cet outil, qui nécessite une action et un report volontaire, n'aurait pas encore fait recette.