Nouvelles règles, nouveaux droits : Google condamne le partage

Clément Solym - 28.09.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - Google AdSense - Cody Jackson - publicité


Google avait été très clair au moment de dévoiler son nouvel algorithme : les règles allaient changer, pour le plus grand bien des ayants-droits... Ou presque : l'auteur d'un manuel sur le codage à partir du langage informatique Python s'est vu privé de publicités, et donc de revenus Google AdSense pour avoir tenté de partager gratuitement son livre via Pirate Bay et Demonoid, deux sites souvent utilisés pour des partages illégaux.

 

No Money §

No Money §, Alina Sofia, CC BY 2.0

 

 

Cody Jackson devait se sentir un peu philanthrope, en tout cas suffisamment partageur pour mettre à la disposition de tous les internautes un manuel de sa composition, Apprendre à programmer avec Python, un langage informatique bien connu, mais délicat à maîtriser pour le béotien. Histoire de multiplier les téléchargements et de s'assurer de la disponibilité du livre, il laisse deux liens vers Pirate Bay et Demonoid (toutefois en rade depuis la mi-août).

 

Deux sites de partage qui n'ont rien d'illégal, et qui se contentent d'héberger les fichiers torrent créés par les internautes. Ensuite, si ceux-ci contreviennent au copyright... Google a toutefois lancé ses robots chercheurs de liens, lesquels ont décelé les redirections que Cody Jackson proposait : la sanction ne s'est pas fait attendre, et Google a supprimé les publicités AdSense, gérées par le moteur de recherche, du site de l'auteur généreux.

 

En se basant uniquement sur les évaluations de ses robots, Google se contente de rejeter en masse des centres de partage qui sont pourtant orientés vers la circulation - gratuite - des contenus, sans qu'il ne soit question de légalité ou illégalité. Un robot peut-il juger de la légitimité d'un lien ? Cela semble douteux... 

 

Au moment de la mise à jour du moteur, les voeux pieux se succédaient, cependant : « Seuls les détenteurs du copyright savent si un certain usage est autorisé, et seuls les tribunaux peuvent décider si le droit d'auteur a été violé, Google ne peut pas déterminer si une page web précise enfreint ou respecte le droit d'auteur. Ainsi, alors que ce nouveau moteur va influencer les classements, nous ne supprimerons aucune page des résultats de recherche avant d'avoir reçu un avis de copyright valide du titulaire des droits. Et nous allons continuer à fournir des outils de « contre-préavis » afin que ceux qui pensent que leur contenu a été retiré à tort puissent obtenir son rétablissement. Nous continuerons également à être transparents sur les retraits liés au droit d'auteur. » (voir notre actualitté)

 

Jackson s'est pourtant adressé à Google, en faisant valoir son statut d'ayant-droit, et donc de partageur légitime, là où il le souhaite... Mais s'est quand même résolu à retirer les 2 liens incriminés. Rien n'y a fait, les revenus des pubs AdSense ne s'en sont jamais relevés...