Où ça ? "La-bas", 45ème nouvelle du Projet Bradbury

Neil Jomunsi - 27.06.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - nostalgie - enfance - storytelling


Le vécu est le terreau de l'imagination : il n'y a souvent qu'à puiser dans sa propre expérience, ses propres souvenirs, pour trouver l'inspiration. Je ne parle pas là du célèbre précepte de storytelling "Write what you know" (— écris ce que tu connais) que les auteurs de science-fiction ont depuis longtemps fait voler en éclat, mais simplement de l'intention, des sentiments. Peu importe que vous ayez vécu ou pas les aventures que vous faites vivre à vos personnages, pourvu que vous puissiez entrer en empathie avec eux. Cette nouvelle est donc issue de la transposition d'un sentiment réel à l'intérieur d'une situation fictionnelle, avec des personnages qui ne sont pas moi à proprement parler et qui, pourtant, sont néanmoins un peu moi quand même.

 

Je vous présente donc "Là-bas", la 45e nouvelle du Projet Bradbury.

 

cover

Annie rentre à la maison. Le week-end sera court, mais son travail lui laisse si peu de temps que chaque réunion de famille est une fête : ses parents, son frère, les enfants, tout le monde sera là. Mais sitôt arrivée à la gare, le jeune femme comprend que les deux prochains jours ne seront pas aussi joyeux qu'elle l'aurait souhaité.

J'ai passé deux semaines chez mes parents il y a quelque temps. Outre l'immense sentiment de confort et de bien-être que ce genre de sentiment peut procurer, c'est aussi l'occasion de retomber un peu en enfance et de marcher sur les sentiers que nous arpentions étant enfants. J'ai passé deux excellentes semaines, non seulement avec eux, mais aussi avec ma soeur et mon neveu tout neuf, et forcément, le départ fut compliqué : même si je rentrais à la maison, je partais aussi un peu de la maison. En quinze jours, on a le temps de reprendre des habitudes.

 

Je me suis donc servi de cette tristesse du déracinement pour décrire une situation qui m'était étrangère, mais avec laquelle je pouvais me sentir en empathie : pas au même niveau, ni à la même intensité, bien entendu... mais j'ai aussi trouvé intéressant de me mettre dans la peau d'un tel personnage en essayant d'y accoler mes propres pensées, de les lui attribuer. Pour créer le personnage d'Annie, je me suis inspiré de deux autres personn(ag)es : le premier, je ne peux pas vraiment vous en parler puisqu'à vous dire le nom de cette jeune femme, je vous révélerais aussi la chute du texte. Sachez néanmoins qu'elle est française et si ses aspirations prennent corps, elle pourrait bien expérimenter la situation dont je fais état dans ce texte, que je lui dédie par ailleurs (même si je garde son nom "secret" pour ne pas dévoiler l'intrigue).

 

Le second est un personnage imaginaire dont je ne connais ni le nom ni l'histoire, mais dont l'image m'a servi pour enrichir mon propos : il s'agit d'une illustration d'un artiste que j'adore, Jason Chan. J'ai même poussé le vice, pour m'amuser, à insérer une scène dépeignant exactement cette situation : un bon exercice de description.

 

Le mélange de toutes ces sortes d'inspiration — à la fois le vécu, l'empathique, le réel et l'imaginaire — forme une conjonction qui, avec un peu de chance et d'imagination, peut — je dis bien peut —former une histoire. L'organisation du chaos narratif fait partie du boulot d'auteur, mais ce n'est pas une chance exacte.

 

Là-bas est disponible chez KoboSmashwords, Apple, Amazon et Youscribe pour 0,99 €. Vous pouvez aussi vous abonner à l'intégralité des nouvelles pour 40 € et devenir mécène du Projet Bradbury. La couverture est toujours signée de la maravillosa Roxane Lecomte.

Bonne lecture !